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23/09/2011

Messages à Jean-Pierre CHATEAUDON (2)

 

Message de BITAM Abdenour (Jeudi 7 août 2008)

 

Bonjour Monsieur CHATEAUDON,

 

En rentrant sur ce site j'ai eu une immense surprise : j'ai trouvé un message venant de vous à peine deux jours après avoir découvert ce site. C'est une joie sans précédent qui me submerge. Vous ne pouvez savoir à quel point nous tenons à vous ; les années n'ont pas du tout entamé l'affection, le respect, et l'immense considération que nous avons pour vous. Je me fais l'interprète de mes camarades du collège pour vous dire tout le bien que cela nous fait de vous savoir à nouveau près de nous. Puisque vous êtes toujours adepte du stylo et du bon vieux papier, vous aurez droit à une longue lettre et vous pourrez toujours jeter un coup d'œil sur l'orthographe...

 

Un grand merci au webmaster. Si Hercule en écartant les falaises de Gibraltar a ouvert un détroit, vous, vous venez de réunir les deux rives de la Méditerranée à plus de 30 ans de distance. Encore une fois soyez remercié.

 A.     B.

 

 

Message de Amarouche (Samedi 9 août 2008)

 

À M. Chateaudon

 

C'est par un heureux hasard que j'ai découvert ce site et su avec ravissement que M. Chateaudon est toujours de ce monde.

 

Monsieur, vous ne pouvez deviner l'immense joie que j'éprouve de pouvoir vous écrire après toutes ces années alors que le long fleuve, pas toujours tranquille, de la vie nous a séparés comme des fèves sur une claie. Vous nous avez tous marqués et nous ne pouvons vous oublier. Je me souviens que j'étais en quatrième, vous étiez mon professeur de dessin. Vous étiez un jeune-homme blond, à lunettes, très prévenant et jamais en colère. Vous nous remettiez des invitations pour tous les gens lettrés de la ville et des villages pour qu'ils viennent voir les films que vous projetiez en fin de semaine et à l'issue desquels il y avait un débat. Même s'ils ne venaient pas nombreux, vous continuiez à inviter tout le monde. Vous nous avez initiés aussi à la musique. Et c'est avec vous que nous découvrions alors ces matières magiques qui éveillèrent notre curiosité.

 

Soyez assuré de ma gratitude, de mon immense respect. Votre nom n'est pas oublié et c'est avec beaucoup d'affection qu'il est rappelé par tous les anciens élèves du Collège d’Enseignement Général de Fort National. Je pense aussi à Mlle Tenoz, Mlle Brunelle, M. Torcq, M. Ebion qui ont tous contribué à déposer en chacun de nous un petit trésor de connaissance.

 

MERCI M. CHATEAUDON.

 

 M. M.

 

 

Message de HERNANE (Vendredi 15 août 2008)

 

Bonjour,

 

Je suis un ancien élève du CEG de Larbaâ Nath Irathen ( ex Fort National ). J'ai fréquenté ce Collège durant quatre années, de 1972 à 1976. Je souhaite rentrer en contact avec mes anciens enseignants ainsi que mes anciens camarades de classe de l'époque. Je garde un très bon souvenir de M. Jean-Pierre Chateaudon que je salue vivement.

 

M. Jean-Pierre Chateaudon était mon enseignant de français. Je n'oublierai jamais les animations qu'il assurait : le journal mural et aussi les projections de films au foyer de l'internat. Je citerai également Mme Le Roux mon enseignante de français durant l'année 1973/1974. Je serais très heureux d'avoir de vos nouvelles.

 

 M.O. Hernane

 

 

Message de Le Roux J.E. (Mardi 9 septembre 2008)

 

Je voudrais répondre à ceux qui, avec des mots qui me vont droit au cœur, demandent de nos nouvelles, à moi et à ma femme.

 

Les circonstances qui me conduisent à écrire ce message sont très particulières : ma femme Dany est décédée le 17 juin 2008, la veille de son anniversaire. Elle aurait été particulièrement heureuse de lire les phrases qui lui étaient adressées ; malheureusement, depuis trois ans elle ne pouvait plus trouver de sens dans un texte écrit. Je considère qu'en vous adressant à elle vous l'avez, d'une certaine manière, accompagnée, et je vous remercie de tout cœur, avec en toile de fond les cinq années très riches que nous avons passées chez vous.

 

J'ai eu plusieurs fois au téléphone J.P. Chateaudon, et notre regard sur ce passé est le même ; nous aimerions séjourner encore une fois en Kabylie, mais je pense que les "circonstances" actuelles seront à jamais un obstacle majeur à notre venue chez vous.

 

Bien amicalement à vous tous, nos anciens élèves aujourd'hui cinquantenaires...

 

 J.E. Le Roux

 

 

Message de Hocine Imrazène (Dimanche 18 janvier 2009)

 

Je suis un ancien élève du C.E.G de Fort National (Larbaâ Nath-Iraten) - 1968-1972.

 

Je remercie tous les enseignants français qui ont contribué à notre développement et à notre savoir. Beaucoup de leurs élèves occupent des postes importants que ce soit en Algérie ou à l’étranger. M. Leroux nous a initiés à la musique avec la chorale dont je faisais partie, M. Chateaudon au cinéma avec ses films d'art et d'essai, et j’en passe.

 

Les années passent mais vous restez dans nos cœurs à jamais. Je raconte souvent à mes filles ces belles années du collège. Un grand merci à vous chers enseignants.

 

 Imrazène H.

 

 

Message de Mokhtar Choubane (Jeudi 22 janvier 2009)

 

Je remercie tous ceux qui participent à la vie de ce site. J’ai été élève au C.E.G. de Fort National de 1968 à 1971, puis au Lycée de la même ville de 1973 à 1975. Beaucoup de beaux souvenirs sont restés gravés à jamais dans ma mémoire, à tel point que je raconte souvent à mes trois enfants toutes ces années passées comme interne (six années à Fort National et une année à Michelet).

 

Je n’oublierai jamais M. Chateaudon, M. et Mme Leroux, Mme Bossu, M. Ghebbi, M. Ayoub, M. Delaube et tant d'autres. Je les remercie tous du fond de mon cœur pour la culture, le savoir, les loisirs et les distractions qu’ils nous ont apportés.

 

M. Chateaudon en dehors de ces cours de français, nous projetait certains soirs des documentaires et des films. Il nous initiait à la confection de petits coffres berbères. M. et Mme Leroux nous apprenaient la musique et le chant choral. En évoquant cette famille, je rends un grand hommage à M. Leroux suite à la disparition tragique de son épouse.

 

Fraternellement

Mokhtar Choubane

 

 

Message de Akli Oumsalem (Mardi 13 octobre 2009)

 

Bonjour à tous,

 

Par pur hasard, je tombe sur ce merveilleux site qui nous fait plonger dans les souvenirs lointains de notre jeunesse. Je suis un ancien élève de M. Jean-Pierre Chateaudon le noble. "Il a su adapter le programme de l’époque à la réalité kabyle des montagnes de Fort National". Tout est encore gravé dans ma mémoire comme si cela datait d’hier : les travaux champêtres... Je rends un très grand hommage à M. Jean-Pierre Chateaudon que je voudrais rencontrer aujourd’hui sans oublier M. Le Roux qui nous faisait la chorale. C’était nos meilleurs moments.

 

 A. O.

 

 

Message de RAID H. (Mardi 27 octobre 2009)

 

À MONSIEUR J.-P. CHATEAUDON

 

Ancien élève du collège de Fort National, je suis très ému par les témoignages sur mon prof de français M. J.-P. CHATEAUDON de qui j’ai reçu une carte postale puis une lettre très longue juste après l’année de son départ. Depuis pas mal de choses se sont passées. Je me rappelle encore certaines de ses phrases : "Cessez de traîner les savates" et "Je tiens à vous dire que la classe n’est pas un moulin et M. CHATO n’est pas un meunier".

 

Une image me reste : M. CHATO arrive dans la cour du collège et gare sa voiture - une COCCINELLE VERTE - entre les eucalyptus, 10 cm de neige, un cache-nez autour du cou et une chemise à demi-manches marron, arrive en classe, nous demande d’ouvrir les fenêtres et s’accoude sur la table la plus proche de la porte, avec son regard lointain vers la cour et de là nous invite à corriger un exercice qu’il nous a donné la veille.

 

J’aimerais bien par l’intermédiaire de votre fille avoir des nouvelles. Par la même occasion je demanderais des nouvelles de Mme LEROUX, puis de mon prof de français au lycée Mme CHATELLIN et aussi de STÉPHANE GODENDAY sans oublier mes camarades de classe HERNANE M.O, DJEBLI H., KERDJA M., et tant d’autres...

 

 R. H.

 

LARBA NATH IRATEN_CEM-1970_(JP Chateaudon)_detail.jpg

Détail d'une photo trouvée sur le Net (J-P Chateaudon à gauche)

 

16/09/2011

Messages à Jean-Pierre CHATEAUDON (1)

Message de Amar Ou Mohand (Lundi 22 janvier 2007)

 

Bonjour,

Je souhaiterais prendre contact avec tous mes anciens professeurs du collège de Fort-National (Kabylie) de 1970 à 1974 et ceux du Lycée Technique d'État de Dellys (Kabylie) entre 1974 et 1977. Je souhaite échanger avec eux des nouvelles, des photos, les revoir dans la mesure du possible et les inviter.

J'ai un autre vœu à formuler... Serait-t-il possible d'organiser un regroupement des anciens coopérants avec leurs anciens élèves dans leurs anciens établissements ? C'est peut-être un rêve ? Mais sait-t-on jamais.

Recevez ces quelques photos de la Kabylie. Je les dédie à tous nos anciens professeurs. Certains d'entre eux nous ont marqués à vie. Je n'oublierai jamais M. Jean-Pierre Chateaudon, M. Le Roux, Mme Jobert, M. Salvat, M. Chanteloup, Mme Vérité... et j'en passe.

Bonjour et salutations à tout le monde.

 

Message de Chateaudon Jean-Pierre (Jeudi 22 mars 2007)

Bonsoir Amar Ou Mohand,

J'ai pris connaissance de ton message du 22 janvier 2007.

Bien cordialement

Jean-Pierre Chateaudon

 

Message de Menhouk Merzouk (Vendredi 3 août 2007)

Ce message s'adresse bien entendu à Jean-Pierre Chateaudon. Bien sûr, tu fais parti des monuments du réveil de la conscience amazigh... en tout cas à Fort National. Tu es le premier à avoir prononcé le nom prestigieux de nos jours de JUGHURTA... dans tes cours d'histoire.

En plus du professeur de français, je salue en ce moment un ami qui a su ouvrir beaucoup de fenêtres à ces jeunes collégiens des fins fonds des hauteurs de la Kabylie... c'est le cas de le dire.

En tout cas Jean-Pierre je suis content de trouver tes traces... J'ai essayé plusieurs fois de te rejoindre sur le net... bien entendu.

Voilà vingt ans que je vis au Québec... dans le fin fond (encore un autre fin fond) de la forêt boréale... une petite ville de l'est du Québec...

Bonjour... et j'ai hâte d'avoir de tes nouvelles.

 M. M.

 

Message de Elsa Chateaudon (Lundi 17 septembre 2007)

Bonsoir,

Ce message s'adresse à Merzouk Menhouk. Je suis la fille de Jean-Pierre Chateaudon. C'est moi qui suis "chargée" de consulter de temps en temps le site car mon père n'a pas Internet (le premier mail avait été écrit lors d'une de ses visites chez moi). En tous cas, il a été ravi d'apprendre que vous souhaitiez prendre contact avec lui. Pouvez-vous me transmettre vos coordonnées pour qu'il puisse vous écrire (par la poste : les bonnes vieilles méthodes fonctionnent encore très bien !) ?

En espérant avoir de vos nouvelles...

 Elsa

 

Message de Menhouk Merzouk (Dimanche 23 septembre 2007)

Je suis très ravi de retrouver les traces de M. Chateaudon. Je commençais à douter et je me posais des questions.

Comment ça se fait qu'il ne me répondait pas, ça m'a surpris !

Puisque c'est ainsi... donc il demeure attaché à l'ancienne école qu'il a longuement contribué à développer. Je le comprends très bien...

 

Message de LATTAB N. (Mercredi 2 janvier 2008)

Monsieur LEROUX,

Élève, interne, au collège de LARBAA NATH IRATHEN de 1967 à 1971, je vais sur mes 52 ans et habite actuellement en France depuis 1982. Je suis certifié en maths et exerce actuellement dans un collège en attendant la retraite...

J'ai repris contact depuis quelques années avec l'incontournable M. CHATEAUDON avec lequel je communique régulièrement. Je souhaiterais avoir vos coordonnées (je suis un de vos anciens élèves) ; vous vous souvenez certainement de l'inoubliable chorale à laquelle j'ai participé...

Je profiterai éventuellement de ce nouveau contact pour revivre avec vous certains souvenirs et vous communiquer des nouvelles récentes. Je vous remercie et espère vous lire bientôt.

 N. Lattab

 

Message de Melbouci Mohand ou Ahmed (Mardi 19 février 2008)

Bonjour,

Je suis heureux d'avoir des nouvelles de M. Jean-Pierre Chateaudon que j'ai eu comme professeur durant quatre années. Je souhaiterais reprendre contact avec lui. Il a marqué ma génération et nous lui en serons éternellement reconnaissants. C'est lui qui nous a mis sur la voie et nous a inculqué tant de choses qui ont fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Nous ne l'avons jamais oublié et nous parlons de lui chaque fois que nous nous rencontrons. D'autres professeurs nous ont marqués, notamment M. Leroux, M. et Mme Ebion et bien d'autres encore.

Mes salutations distinguées à mon maître à qui je voudrais dire que ses anciens élèves ont tous admirablement réussi. Je suis sûr qu'il en sera ravi et que cela lui fera plaisir.

 M. M.

 

Message de Tahar Mokri (Lundi 24 mars 2008)

Bonjour,

J'ai été élève au C.E.G. de Larba Nath Iraten de 1968 à 1972. Je voudrais contacter mes professeurs de l'époque que je n'ai jamais oubliés, et à qui je dois beaucoup :

Monsieur Jean-Pierre Chateaudon, prof de français et de géographie,

Madame Le Roux, prof de français

Monsieur Jobert, prof de maths et sciences

Monsieur Guebi, prof d'anglais

et Monsieur Videau, prof de français à l'Énita de cap Matifou en 1973. Je vous remercie et à bientôt.

 Tahar

 

Message de Lekhbassene Abderrahmane (Jeudi 19 juin 2008)

Étant moi-même un ancien élève du collège de Fort-National (wilaya de Tizi-Ouzou) dans les années 1967-1973, c'est avec un immense plaisir que je découvre l'existence de ce forum, auquel je m'empresse de me joindre. Il s'agit là d'une occasion inattendue qui me permettra, je l'espère, de renouer le contact avec mes anciens enseignants : M. Jean Pierre Chateaudon, M. et Mme Le Roux, M. Vierra et tous les autres, dont je ne garde que de très bons souvenirs. Un grand merci à vous tous d'avoir, non sans efforts, réussi à faire de nous ce que nous sommes devenus : des citoyens utiles au monde.

Cordialement,

 L.A.

 

Message de BITAM Abdenour (Lundi 4 août 2008)

Je voudrais avec beaucoup de déférence, Monsieur Jean-Pierre CHATEAUDON, vous saluer. Aujourd'hui Internet permet beaucoup de choses, y compris réunir ceux que l'espace sépare. En vous recherchant sur ce fabuleux outil, votre nom a rempli l'écran. Si tel est votre désir -reprendre contact avec l'un de vos anciens élèves- écrivez-moi. Puis comme un conte qui se déroule, cette phase que vous ne connaissez que trop bien : je me souviens comme si cela datait d'hier...

A. B.

 

Message de Chateaudon J.P. (Jeudi 7 août 2008)

Message à Mohand ou Ahmed MELBOUCI à Alger

Abderrahmane LEKHBASSENE à Alger

Abdenour BITAM à Tizi-Ouzou

 

 

Bonjour,

J'ai pris connaissance de ton message ; sache que je suis sensible au fait que tu veuilles entrer en contact avec moi. Il est vrai que les années passées au collège furent dans l'ensemble heureuses et enrichissantes pour un bon nombre d'entre nous, élèves et professeurs ; aussi elles restent indélébiles...

Je te contacte par l'intermédiaire de ma fille cadette Elsa qui communique par internet alors que moi, je suis resté à l'âge du stylo et du papier à lettres ; non pas que je rejette le progrès mais ce nouveau moyen de communication, pour l'instant, ne m'est pas indispensable pour vivre !

Bien cordialement

J.P. CHATEAUDON.

 

LE ROUX J-E+Dany+CHATEAUDON J-P_ph-LeRoux_GéLamBre.jpg

 

Forum-Source des messages

 

08/09/2011

Pierrot de MAGNONNET à BISKRA et DJELFA

 

Une fois ordonné prêtre en Tunisie chez les Pères-Blancs, je pris la décision d'apprendre l'arabe à TUNIS, de 1960 à 1962, et ai passé un diplôme d'arabe littéraire à l'Institut pontifical des langues orientales, comprenant une formation à la civilisation et religion musulmanes.

Je rentrai en Algérie au lendemain de l'indépendance, appelé par Mgr Mercier, évêque du Sahara.

J'ai été envoyé à Biskra, pour transformer la vieille bibliothèque des Pères-Blancs en une salle d'animation culturelle. Le soir de mon arrivée, un ingénieur des Ponts et Chaussées avait été assassiné  dans l’enceinte de la chapelle de Ouled Djellal, à la suite d’une dispute avec un soldat de l'Armée de libération nationale, car il avait empêché son âne de brouter l'herbe de l'enceinte de la chapelle.

Je me suis rendu dans les endroits les plus pauvres de Biskra, en uniforme de Père-Blanc (gandourah, burnous et rosaire). J'y ai été agressé à coup de pierres. D'un commun accord avec le Supérieur, je décidai de ne plus ponter l'uniforme des Pères-Blancs, obstacle à mon désir d'aller vers les plus pauvres. L'esprit d'ouverture, prélude au Concile Vatican II qui s'ouvrirait quelques années plus tard, avait permis cette première victoire contre le dogmatisme.

 

Je commençai à engager un combat contre les structures et institutions ecclésiastiques, que j’estimais obsolètes dans l'Algérie indépendante. Il a fallu se battre contre les conservateurs intégristes Pères-Blancs, heureusement peu nombreux, contre le clergé pied-noir où grenouillaient, tant en Algérie qu'en Tunisie, des sympathisants de « l'Action française », embrigadés par la revue « Verbe » et sa défense de l'Occident contre l'Islam.

J'ai laïcisé la bibliothèque pour la rendre accessible aux Arabes, et répondre à leurs besoins du moment, dans un contexte de naissance de l'Algérie indépendante. Les ouvrages religieux ont été transférés à la paroisse. Cette ouverture au monde arabe m'a été reprochée, mais la majeure partie de mon équipe était sur cette ligne. Nous avons réalisé l'évolution adaptée aux circonstances du moment : être arabe avec les Arabes. J’ai contribué à la restauration de la dignité des Algériens, au développement du pays, à l'aide humanitaire aux plus pauvres.

L'Eglise, et notamment les Pères-Blancs, avaient rompu avec le colonialisme, et de ce fait, nous étions bien acceptés par la population, à cause des services que nous lui rendions ; notre place de chrétiens était là, pas ailleurs.

Laïcisation et ouverture sur la civilisation arabe, l'Islam, les enseignants laïcs de la coopération, baignés d'anticléricalisme. En ouvrant les locaux de la mission, je cassai de cette manière, l'image trop cléricale de la mission: façon d'entrer dans VATICAN Il avec Jean XXIII.

Je participai au développement de l'Algérie indépendante, en devenant Vice-Président de l'Université Algérienne Populaire de Biskra (1964), un mythe de la nouvelle idéologie socialiste.

Malgré ma bonne volonté d'intégration au monde algérien et musulman, j'ai été mis en cause par la jeunesse du Front de Libération Nationale. J'ai ressenti qu'il y avait une tendance du pouvoir algérien qui tentait d'éliminer tout ce qui était français, même « pied-rouge », qui voulait participer au développement de l’Algérie indépendante. Il aurait fallu rentrer complètement dans le nouvel ordre : être algérien, socialiste, autogestionnaire et membre du Front de Libération Nationale...

 

BISKRA_Formation professionnelle.jpg

On m'a demandé de donner des cours au Centre de formation professionnelle de Biskra, nouvellement créé, puis de devenir Directeur-Adjoint en l'absence de Directeur. Comme souvent dans ma vie, j'ai eu l'impression qu'il fallait dire non. Au fond de moi, j'étais opposé à toute action missionnaire à travers l'enseignement et des structures diverses (centre de formation professionnelle d'adultes, école primaire et secondaire libres), disons des « institutions », coûteuses à tout niveau, et qui empêchaient l'annonce de l'Évangile par contact personnel et vie en proximité des gens. Je pensais que ma vocation, c'était le contact avec la population, et non pas une position d'autorité. Toutefois, j'ai fini par obéir par réalisme. J'ai accepté, parce que la structure dans laquelle, je me trouvais n'avait personne d'autre que moi à mettre à ce poste.

 

Ensuite, je fus nommé directeur du Centre de Formation Professionnelle de Djelfa. J'y suis resté quatre ans. Modernisant le centre, je l'ai fait rentrer dans l'autogestion pratique, en conformité avec les directives du pouvoir algérien. Suite au mouvement de mai 1968, je suis allé plus loin ; je réalisais moi-même ma propre perestroïka dans ma manière de diriger le Centre, en harmonie avec mes orientations tiers-mondistes et de partage des richesses.

En 1972, la Direction Départementale du Travail de Médéa m'informe que je ne peux pas rester directeur, parce que je ne suis pas algérien. Elle me propose une formation. J'ai moi-même dû former mon successeur

 

 

BRAND Philippe_Des prêtres épousent leur humanité_2007.jpgTémoignage extrait du livre :

 

Des prêtres épousent leur humanité

 

de Philippe BRAND

 

L'Harmattan, 2007

 

26/08/2011

Jean-Louis SAHUT à BOUZEGUENE (3)

 

Je décide donc, compte tenu de ces informations, de m’adresser au nouveau Président de la Délégation Spéciale pour lui annoncer mon retour lors de la prochaine rentrée. Il me répond sans tarder le 9 septembre 1963.

« C’est un plaisir pour moi d’apprendre votre prochain retour et vous suis gré de votre décision de coopérer encore cette année avec nous. Aucun changement n’étant intervenu depuis votre départ, je vous signale que le local mis à votre disposition sera prêt à vous recevoir à la date indiquée. Le personnel communal vous envoie ses bonnes amitiés et vous prie de croire, Monsieur SAHUT à mes meilleurs sentiments. » signé Sadaoui Rabah, Président de la Délégation Spéciale de Bouzeguene.

Malgré mes efforts, j’ai un peu de retard dans ma correspondance. Je réponds en priorité à la gentille lettre que m’a adressée, le 4 septembre 1963 depuis Marseille, Habbas Arezki. Celui-ci m’explique que son cuisinier parti, il était surchargé de travail mais qu’heureusement ses neveux vont le remplacer « un peu », ce qui lui permettra de séjourner plus longuement à Bouzeguene. Il m’invite une nouvelle fois à venir lui rendre visite dans son restaurant du 59 de la rue Bernard Dubois. Je m’y rendrai le 18 septembre avant d’embarquer pour Alger.  A la rentrée 63, deux nouveaux collègues français arrivent à Bouzeguene. Tous les trois, nous occupons la villa située dans le bordj.

BOUZEGUENE_Entrée du bordj_ph-Miages_vers1959.jpg

Entrée du Bordj (durant la guerre d'indépendance)

 

 

Jean-Charles Torre vient d’Aït-Aïcha où il est arrivé en 1959. Il s’y sent maintenant un peu isolé.  C’est pourquoi il a demandé une nouvelle affectation. Il vient d’être nommé à l’école d’Aït-Ferrach, village assez éloigné de Bouzeguene. Il ne possède pas de véhicule. Il a pour tout moyen de transport une mobylette d’occasion qui tombe régulièrement en panne ! ... Je lui porte tout naturellement secours ! Nous sommes bien souvent obligés de transporter cet engin en utilisant le car Amrouche jusqu’à Azazga pour une « réparation » qui dure parfois la semaine !...Finalement il abandonne ce moyen de transport qui pose plus de problèmes qu’il n’en résout. Jean-Charles termine l’année scolaire en accomplissant, matin et soir, une longue « marche, promenade » bénéfique pour sa santé et pour sa ligne : il se contente de plus d’un simple sandwich pour le repas de midi ! ...

Ne souhaitant pas prolonger cette expérience, il postule pour l’école de Bouzeguene. Faute de poste vacant, il est finalement nommé à Tamda près de Tizi-Ouzou. Il rentrera en France en 1969.  Le second enseignant, Albert le Henaff arrive de Tifrit-Naït ou Malek après un passage à Aït-Aïcha.  Il est nettement plus sportif que moi : il rejoint chaque matin l’école d’Aït-Saïd en « petites foulées ». Il gagnera la France à la fin de l’année scolaire 63-64.  Lors de nos moments de loisirs, nous nous déplaçons fréquemment vers Azazga ou Alger. La marche à pied cependant, en compagnie des collègues venus nous rejoindre, nous a permis de connaître cette belle région. A plusieurs reprises, nous gagnons le douar de Beni Ziki derrière la célèbre « Main de la Fatma ».

Beni-Ziki_environs_ph-Idurar.jpg

 

 

A d’autres reprises, avec Jean-Charles Torre nous rendons visite à des familles de parents d’élèves : nous sommes toujours accueillis avec une très grande gentillesse et beaucoup de chaleur notamment par la famille Amiar du village de Aït-Sidi-Amar.

Après le départ de mes deux collègues, il m’arrive fréquemment, avant de me rendre en classe, de m’arrêter chez Monsieur Moussaoui, juste en face de la boutique du jeune coiffeur. Il tient un petit restaurant situé non loin de l’école. Il prépare une délicieuse chorba : ses plats mijotés et son couscous garni et copieux font souvent mes délices. Je m’y rends assez régulièrement : cela m’évite en général de faire la cuisine. À l’époque, ce n’est pas une de mes spécialités. Il m’arrive aussi, lorsque je dispose d’un peu de temps libre de bavarder longuement avec lui « mais seulement après le service » me répète-t-il à chaque fois !

À son tour notre Inspecteur primaire, Monsieur Chala, quitte son poste pour suivre une formation spécifique. Dans sa lettre du 15 septembre 1963, il écrit : « Au moment où mon devoir m’appelle en dehors de l’Algérie, je veux vous exprimer, avant mon départ, toute ma gratitude pour l’aide que vous avez voulu m’apporter spontanément, pour cette amitié, cette affection encourageante qui m’ont permis, dans une large mesure, de ne pas céder à la lassitude, à la déception »….  Monsieur Rabah Kessal lui succède.

Avec la municipalité, nous commençons à mettre en place un service de cantine pour les plus démunis puis pour l’ensemble des élèves avec le concours du Croissant Rouge Algérien.

Au début, il s’agit simplement de repas froids. Comme nous ne disposons pas encore de local adapté, la distribution se fait à domicile. Les enfants pénètrent dans l’appartement par l’entrée principale et ressortent par l’arrière du bâtiment après avoir reçu une barre de chocolat, une tranche de pain sur laquelle est étalée une couche de confiture ainsi qu’une portion de « vache qui rit ».

Inutile de dire qu’après le passage de 3 ou 4 classes ; le sol de la cuisine était légèrement « imprégné » de confiture !

 

Le 9 novembre 1963, le nouvel Inspecteur d’Académie, Monsieur Damerdji, m’adresse un courrier : « J’ai l’honneur de vous faire savoir qu’un crédit de cinq mille nouveaux francs est mis à la disposition des écoles du groupe de Bouzeguene. J’entends par « groupe » la totalité des écoles relativement proches de la vôtre et avec lesquelles il vous est facile d’ordinaire d’établir des contacts pour diverses questions. La gestion de ce crédit vous est confiée personnellement. Il vous appartient notamment de procéder, dans la limite de ce crédit, à l’acquisition des denrées alimentaires exclusivement; d’utiliser ce crédit immédiatement… » Je vous signale que la farine, le sucre, le lait seront servis par le Croissant Rouge Algérien, à titre gracieux »

Je prends alors contact avec l’épicier de Bouzeguene, Monsieur Boukais Saïd. Son commerce est situé à l’entrée du centre, en bordure de route. Il tient aussi, juste à côté, une boucherie où nous allons volontiers nous approvisionner pour notre consommation personnelle. C’est une personne de belle prestance, d’un abord facile et agréable. Je le retrouverai plus tard à Azazga où il possède également un magasin de chaussures, si mes souvenirs sont exacts. Nos contacts deviendront alors plus fréquents puisque j’aurai son fils Hocine et un peu plus tard, une de ses filles dans ma classe de CM2.

La cantine commence à fonctionner dans des conditions convenables ; un cuisinier a été recruté, par la mairie me semble-t-il.

Monsieur AMELLAL, Inspecteur départemental des cantines scolaires, m’envoie le 24 février 1965 un courrier dans lequel il me demande de bien vouloir avertir Monsieur le Maire qu’il peut expédier à Tizi-Ouzou le camion de la commune pour prendre possession d’un contingent de farine. Les sacs sont destinés aux cantines scolaires du groupe : Bouzeguene 12 sacs, Ighil Tizi Boa 6 sacs, Haoura 6 sacs, Ahrick 6 sacs, Sahel 6 sacs, Iatoussene 6 sacs, Aït-Ikhlef 6 sacs.  Ainsi, grâce à ces livraisons qui vont se renouveler régulièrement, le boulanger, Monsieur TACHE, nous fournit la quantité de pain nécessaire chaque jour. Il participe ainsi avec d’autres partenaires, au bon fonctionnement des cantines scolaires. Cette formule continuera encore après mon départ.  Au début du mois d’octobre 1963, nous sommes totalement surpris de voir l’armée gouvernementale du Président Ahmed Ben Bella s’installer dans les anciens bâtiments utilisés autrefois par l’armée française.

Nous apprenons par la radio, car à Bouzeguene la presse n’est pas distribuée, que s’est constitué un Front des Forces Socialistes (F.F.S.), dont Aït-Ahmed aurait pris la tête, pour lutter contre le pouvoir en place.

De nombreux tracts sont distribués. Dans celui du 11 octobre 1963 on peut lire :

«..Algériens, Algériennes, le Front des Forces Socialistes a le 29 septembre 1963 affirmé sa volonté inébranlable de résister au Fascisme...Le régime ébranlé, sans assise populaire, ne s’appuyant que sur de multiples polices, affiche ainsi clairement sa volonté d’assassiner tous les véritables militants, artisans de la victoire, au profit des « Héros de l’extérieur .... » Nous prenons avec vous l’engagement solennel de ne cesser le combat qu’après la destruction de ce régime. »

Celui du 15 octobre est tout aussi explicite :

« ...Peuple algérien, l’heure est grave. Il faut balayer au plus vite le régime de faillite. Le temps n’est pas loin où Ben Bella accusait Boudiaf de complot avec Bourguiba. Le masque est tombé ; l’équipe d’Oujda a vendu une partie du territoire national. Sûr d’interpréter tes aspirations profondes et ton sens de l’honneur, le Front des Forces Socialistes déclare : qu’il considère nul et non avenu tout accord qui porterait cession d’une parcelle du territoire national.... »

Quant au communiqué du 16 octobre 1963, il affirme : « Devant les menaces qui pèsent sur notre pays, Ben Bella a adressé un appel à l’union... Le F.F.S. né de la faillite du FLN n’est pas dupe de cette manoeuvre. Il ne transigera pas néanmoins sur le principe de l’intégrité du territoire et décide d’acheminer par ses propres moyens un bataillon de volontaires pour faire face aux menaces extérieures.... » Mais devant le danger qui semble se préciser, le FFS, dans un nouveau communiqué daté du 23 octobre 1963, proclame la trêve à partir du jeudi 24 octobre.  Finalement, Ahmed Ben Bella donne son accord sur tous les points soulevés par le F.F.S. . Une délégation de 5 membres, dont le colonel Mohand Ou El Hadj et le commandant Si Lakdar, est dépêchée pour conclure cet accord qui met fin à la division et à la dispersion des forces vives du pays, face aux revendications territoriales du Maroc dans la région de Tindouf. Durant la présence des militaires, nous n’aurons jamais aucun problème. Je rencontre d’ailleurs une ou deux fois le commandant de cette compagnie qui me rassurera en précisant qu’il s’agit là d’un conflit entre Algériens et Marocains et qui ne concerne en aucun cas les étrangers, en particulier les coopérants français. Il est inutile de souligner que dans cette affaire interne à l’Algérie, notre neutralité était totale.

 

 

Jean-Louis SAHUT

Volvic juillet 2 007

Extraite de : Un jeune enseignant français en Grande Kabylie (1958 - 1973)


Source Miages-Djebels


11/08/2011

Jean-Louis SAHUT à BOUZEGUENE (2)

Peu à peu, des changements commencent à intervenir. Nous recevons une lettre de l’Inspecteur d’Académie, Paul Fohr, datée du 19 novembre 1962, dans laquelle il écrit : « À quelques heures de quitter un pays où j’ai passé le tiers de mon existence, ce n’est pas sans émotion que je prends congé de vous…Je tiens à préciser que je regagne la France pour des raisons d’ordre administratif, d’ordre familial, d’ordre personnel et que la politique n’entre pour rien dans ma décision….Je continue à penser que l’indépendance de l’Algérie était la meilleure solution, la seule solution, que le peuple algérien est un grand peuple qui a fait l’admiration du monde et forcé le respect de ses adversaires même… » Il est remplacé par Monsieur Alayrangues qui assurera l’intérim en attendant la nomination d’un Inspecteur algérien.

Début avril 1963, une circulaire du Ministère de l’Education Nationale nous précise un certain nombre de points : tous les maîtres des classes primaires doivent assurer un service hebdomadaire de 30 heures. Tous les maîtres enseignant en langue arabe sont désormais astreints aux mêmes obligations que leurs collègues enseignant le français. Les heures consacrées aux cours d’adultes, pour lesquelles il n’est prévu aucune rémunération supplémentaire, peuvent, à la demande des intéressés et sur avis des Inspecteurs primaires, être comprises dans les 30 heures exigibles.

Pour me détendre un peu (le travail scolaire m’accapare beaucoup), je consacre une partie de mon temps libre à la lecture et surtout à la marche. J’en profite pour découvrir les paysages grandioses et variés de la Kabylie. Jusque-là, j’en avais été empêché par les événements.  Le soir, surtout au printemps, lorsque le temps le permet, assis sur les escaliers de la villa, je bavarde avec le nouveau gardien Guettaf Mohand Arab. C’est un homme généreux, toujours prêt à rendre service. Je me souviens qu’une année, lors de mon départ en vacances, il m’avait donné un bidon de 5 litres d’huile d’olive en me disant : « Tiens, tu le donneras à ton père, ça lui fera plaisir, de la part de Guettaf, le gardien ! » Quand on connaît la valeur de cette denrée, ce don représentait certainement pour lui et sa famille, un réel sacrifice.  Lors de mes absences, en particulier pour rendre visite à mes collègues français également en poste, Jean-Charles Torre à Aït-Aïcha, Vallein et Rajade à Ifigha, Daniel Vanamandel à Cheurfa, Eugène Montay et Jean-Pierre Fernandez à Azazga ou Xavier Delcouderc aux Aghribs, comme à chacun de mes déplacements, il est volontaire pour assurer la surveillance de mon logement.  D’ailleurs, il n’aurait pas fallu que je m’adresse à quelqu’un d’autre : seul Mohand Arab était qualifié pour assurer cette fonction !...

Je rencontre assez régulièrement Amroun Tahar, souvent accompagné par Habbas Arezki. Celui-ci, comme à chaque fois, m’invite à lui rendre visite dans son bar à Marseille. Je vois Amroun Tahar à double titre : comme président de la délégation spéciale de la commune et comme parent d’élèves. En effet, deux de ses jeunes enfants Ali et Lounès, sont scolarisés à l’école.  En mai 1963, je sens mon interlocuteur un peu las, parfois lointain. Il me semble avoir moins d’enthousiasme que par le passé, désireux d’être libéré de cette fonction le plus rapidement possible. « Cette charge est écrasante, usante. Lors de différends, il faut intervenir, prendre position, trancher. Ce n’est pas toujours facile car bien entendu il y a des mécontents. … » me confiera-t-il à plusieurs reprises.

Je retrouve aussi R. L. qui est toujours employé à la Mairie. Mais un jour, je crois que c’était fin novembre 1962, le gardien Guettaf me dit au moment où je regagne mon domicile :

« Tu sais les Moudjahidines ont arrêté R. ; il est en prison… ».

Effectivement, un peu plus tard, j’apprendrai qu’il est maintenu au centre pénitentiaire de Berrouaghia, près d’Alger. Il y sera détenu durant plusieurs mois avant d’être finalement libéré ; mais je n’aurai plus l’occasion de le revoir.

L’année scolaire 62-63, la première après l’indépendance, s’achève paisiblement. Grâce aux efforts de tous et la bonne volonté de chacun, nous commençons à rattraper les retards accumulés depuis des mois. J’encourage même les élèves, du moins les plus motivés, à venir travailler le jeudi matin quand je suis disponible et qu’il n’y a pas de réunions pédagogiques.  C’est avec le sentiment d’avoir accompli une tâche exaltante, que j’embarque pour la France en ce début de juillet 1963.

Je mets à profit cette période de détente pour répondre aux questions posées par les amis et les parents qui s’interrogent sur l’Algérie indépendante. J’envoie du courrier à mes élèves. J’avais, en effet déjà remarqué à Houra que ceux-ci étaient fiers et heureux de recevoir du courrier « du maître ». Ces derniers me demandent « si je reviens bientôt ». Ils souhaitent en outre recevoir des vues de l’Auvergne et de Volvic.

VOLVIC_fontaine.jpg

Fontaine à Volvic

 

Je corresponds aussi avec Amroun Tahar. Dans une longue lettre, datée du 6 août 1963, après s’être excusé pour le retard mis à me répondre, il me dit : « Quant à la question de votre retour éventuel, je vous conseille de revenir. Vous trouverez toujours le même accueil qu’auparavant… » avant d’ajouter « j’ai à vous dire que je ne suis plus le Président de la Délégation de Bouzeguene. Il y a eu un regroupement des quatre communes et c’est le représentant d’Aït Ikhlef qui a maintenant cette charge»… Puis, dans une nouvelle lettre datée du 15 août 1963, il me confirme avoir démissionné de ses fonctions ce qui va maintenant lui permettre de « prendre un peu de repos avant de rentrer à la sous-préfecture d’Azazga après les vacances.. » sans oublier de mentionner une nouvelle fois « quant à vous, tâchez de revenir, vous connaissez déjà le coin. Guettaf est toujours gardien. Lounès et Ali qui me demandent "toujours après vous"  vont vous écrire dans le courant de la semaine... ».

 

Jean-Louis SAHUT

Volvic juillet 2 007

 

Extraite de : Un jeune enseignant français en Grande Kabylie (1958 - 1973)


Source Miages-Djebels