12.05.2012

NOUNOURS et ses Collègues du Lycée Victor HUGO

 

Je constate que Nounours* a vraiment marqué notre jeunesse.

 

Je l'ai revu en 88 à Marseille.

Comme une maman attentive, j'accompagnais mon fils aîné pour sa rentrée en 6ème au collège de Gibraltar. Nous avions été autorisés à rester pendant la répartition des élèves dans les classes et, qui vois-je, arpentant la cour de son pas de sénateur dans son costume, pas marron mais gris, NOOUNOURS !

C'est le premier nom qui m'est venu à l'esprit et impossible de me souvenir de l'autre. J'avais envie de l'appeler mais je ne pouvais crier : "Noounours" et le destin m'est venu en aide.

Nos regards se sont croisés et je lui ai fait un grand sourire et je lui ai dit: "Bonjour Monsieur".

Il a tout de suite compris qu'il ne m'était pas inconnu et il est venu vers moi.

Je lui ai rappelé que j'étais au Lycée Victor Hugo à Alger et il a eu la délicatesse de me dire: "Ah oui, je me souviens de vous".

 

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Je me souviens de l'annexe et du lycée

J'me souviens de la salle de dessin avec la sculpture qui représentait La victoire de Samothrace me semble-t-il. Monsieur Benisti m'a demandé un jour ce que ça représentait ; je n'ai pas su répondre et il m'a dit "la liberté" ; je me rappelle également un cube recouvert d'un tissu à larges rayures bleues et blanches qu'il nous faisait dessiner

 

J'me rappelle la salle de musique où monsieur Meunier nous faisait en composition soit une dictée musicale soit écrire nos impressions après nous avoir fait écouter une oeuvre de Beethoven.

 

Il y avait aussi :

-Mr Henry et Mlle Gavériaux (pluriel de Gavérial disait elle) : je les ai eus trois ans de suite (3ème, seconde et première)

-Mlle Rouch, bien entendu

-Mme et Mr Maurin avec sa fameuse expression "jvais en fout' dehors"

-Mr Tauzin (en première) avé son sympathique accent du midi et sa blouse blanche qui le faisait ressembler à un chirurgien

-Mr Gonfard qui nous lisait son cours, imperturbable …

-Mr Le Goff : Maths en première avec un officier de carrière qui venait de Papeete si je ne m'abuse. Il avait institué une nouvelle façon de faire les devoirs en classe : à chaque cours un petit exercice ; c'était un contrôle très continu ...

-Mr Ciabrini

-Mr Béliot, VSNA ? Je me retrouvais souvent au tableau pour donner les solutions des problèmes complexes

-Bien sûr, Mme Pouget, élégante : magistral cours de maths en terminale math'elem (1967). J'habitais la même rue qu'elle au Haut Télemly, rue Docteur Saliège. Ils habitaient une super baraque entourée d'orangers sauvages avec un court de tennis ; parfois elle me ramenait au lycée dans son "ondine aérostable Renault.

-Mr Mangion qui nous enseignait l'arabe parlé en 4ème

-Mr Millet ou Maillet prof de gym qui nous faisait grimper à la corde (quel supplice !) et nous initiait les mouvements d'ensemble au son d'un tambourin.

-Mr Granger : l'anglais en 5ème

-et tous les autres dont je n'ai pas fréquenté les cours

 

Je n'oublierai jamais les trois grands personnages du lycée : Al Capone, Noounours et Mr Fontaine.

 

 

Pierre Bouizegarene

 

*Avec 2 o pour l’auteur : Noounours

 

SOURCE :

Souvenirs des Profs (Lycée Victor HUGO : années 60)

 

04.05.2012

Louis-Pierre LE MAÎTRE, historien de CONCARNEAU

 

Nécrologie : 6 février 2009

L'historien Louis-Pierre LE MAÎTRE s'est éteint mercredi soir, à l'âge de 59 ans. Ancien professeur à Saint-Joseph, il a écrit plusieurs ouvrages de référence sur l'histoire de Concarneau, sa ville natale, et de sa région.

Il est l'un de ceux qui a le mieux raconté le Concarneau d'autrefois, avec un mélange inimitable de passion et de rigueur: Louis-Pierre Le Maître est décédé mercredi soir, à son domicile du Passage. Il aurait eu soixante ans le 18 de ce mois-ci. Né en Ville close, il aimait à rappeler, comme pour expliquer son goût pour l'Histoire, que ses grands-parents, habitant la maison du gouverneur, étaient gardiens des remparts. Il est devenu l'un des plus grands spécialistes du passé de Concarneau et de sa région, avec un intérêt particulier pour le patrimoine religieux, artistique et les aspects maritimes.

 

«D'une fiabilité totale»

Il y consacra de nombreuses études, publiées notamment dans les colonnes du Progrès de Cornouaille, dont il fut le correspondant durant une vingtaine d'années, ainsi que du Télégramme. Louis-Pierre Le Maître est aussi l'auteur de nombreux ouvrages, le premier étant, en 1975, «Les Sillons de Beuzec». Certains de ses livres sont devenus des références. C'est notamment le cas de «Matelots de Concarneau», paru en 1978 et première collaboration avec un autre historien concarnois, Michel Guéguen. Aujourd'hui introuvables, ces «Matelots» sont cités comme ouvrage de référence pour les agrégations d'histoire-géographie. Les deux hommes publièrent ensuite «Le Cercle de Mer», en 1981, avant de se lancer dans une grande trilogie sur le Concarneau des années 1939-45: «L'Aigle sur la mer», paru entre1985 et1988.

 

«D'un naturel discret, Louis-Pierre possédait énormément de connaissances, on pouvait toujours compter sur lui et ses écrits: il était d'une fiabilité totale», confie Michel Guéguen. Membre de la société d'archéologie du Finistère et un temps correspondant à Concarneau des Monuments Historiques, Louis-Pierre Le Maître a également sorti trois beaux livres aux éditions Palantines. Le premier, «Concarneau, histoire d'une ville», qui date de 2003, est aux dires de beaucoup l'ouvrage qui manquait sur la ville bleue.

 

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Photo Ouest-France 2005

 

«Les Concarnois perdent quelqu'un d'important»

Suivirent «Les Glénan, histoire d'un archipel» en 2005, puis son ultime livre, «Locronan au pays du Porzay», en 2007. «Ce qui ressortait chez lui, c'est son amour profond pour son pays, se souvient Henri Belbéoc'h, directeur des éditions Palantines. Ajoutez à cela la qualité de son travail d'historien, vous avez là un homme de base: les Concarnois perdent quelqu'un d'important.» Le métier de base de Louis-Pierre Le Maître était l'enseignement. Après un début de carrière dans le Nord-Finistère, en 1970, puis deux ans de coopération en Algérie (1971-1973), il sera professeur, d'histoire durant seize ans au collège Saint-Gabriel de Pont-l'Abbé. C'est en 1989 qu'il rejoint le collège Saint-Joseph. Il y restera jusqu'en juin 2007, où des ennuis de santé l'empêcheront de poursuivre. Son départ à la retraite sera effectif l'année suivante. Outre ses qualités d'enseignant, le lycée se souvient de lui pour son gros travail dans la mise en place d'échanges scolaires.

... 

 

Source Le Télégramme

24.04.2012

Coopération et Engagement au Jardin (Michel Charmey)

Dossier spécial. Des idées pour agir. Solidarité-intégration.

Dans certaines cités, le chômage endémique a fait des ravages. Dans les quartiers urbains comme dans des zones plus rurales, on cherche à retisser le lien social. À Saint-Étienne, on s'évade de la cité pour cultiver son jardin.

Reportage. Le centre social Espace loisir de Saint-Étienne entend rapprocher les habitants des quartiers sensibles des petits agriculteurs des environs. Centre social Espace loisir de Saint-Étienne. Prix national 2006 pour le projet « Campagne pour la ville ». Saint-Étienne (Loire), de notre correspondant régional.

Pantalons retroussés, Zara, 40 ans, manie la bêche avec dextérité. Tout en binant des plants de courgettes, elle s'aère l'esprit. « Cela faisait longtemps que je n'avais pas travaillé la terre, et cela me fait vraiment du bien », dit-elle en s'épongeant le front, le visage inondé de soleil. Longtemps, c'est peu dire. Depuis qu'elle a quitté Maghnia, à la frontière algéro-marocaine, où le soin des jardins est confié aux femmes. À son côté, Fatma, 63 ans, est aussi venue pour le plaisir de « sentir la terre » en compagnie de ses deux filles, Anissa et Dalila. Pour ces dernières, l'exercice n'a rien d'évident. Mettre en place des plants de tomates demande un coup de main qu'elles n'ont jamais appris.

La petite parcelle de 1 500 mètres carrés, aménagée entre blés et champ de trèfles, a été labourée et préparée au début du printemps par Michel Charmey, éleveur de volailles et producteur de tabac dans cette exploitation située au pied du village de Saint-Galmier (Loire), à 25 kilomètres de Saint-Étienne. « C'est une tradition familiale que d'échanger avec d'autres communautés, de partager nos richesses », explique-t-il. À ces motivations, héritées de deux années passées en Algérie comme professeur d'agriculture, s'ajoute le souci de « permettre aux enfants de découvrir ce qu'est une plante, pour ne plus les entendre confondre une botte de radis et une botte de fleurs ! »

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Le jardin, où viennent aussi bien les enfants que les parents, est l'un des multiples fruits des croisements entre ville et campagne organisés par le centre social Espace loisir de Montchovet, quartier populaire perché dans les hauteurs de Saint-Étienne, dans une zone urbaine sensible. Là, de grandes barres abritent des familles à faible niveau économique et social, issues pour l'essentiel de l'immigration. Le projet a pris racine en 2004, à l'initiative de l'Association départementale pour le développement de l'emploi agricole et rural (Addear Loire) animé par des membres de la Confédération paysanne. L'idée : nouer des liens entre le monde paysan et les habitants des quartiers. « J'ai tout de suite pensé que cela marcherait, dit Jean-Paul Barbot, directeur du centre social. Ces deux populations ont en commun de venir de la terre. Et toutes deux souffrent d'un manque de reconnaissance de la part du reste de la société. » Trois cents familles et six exploitations sont concernées.

Pour multiplier les échanges, un marché paysan mensuel a été mis en place dans les locaux du centre social. Une dizaine d'agriculteurs viennent y proposer des produits fermiers à un prix modique. « Les agriculteurs souhaitent reconquérir les marchés urbains, aller à la rencontre des consommateurs, souligne l'apiculteur Jean-Paul Suc. C'est une démarche militante, sans grandes retombées économiques. » S'ensuivra une tournée en bus chez des exploitants de la région, et quelques après-midi d'été consacrées à des goûters paysans, marqués par un souci pédagogique. « Nous, Maghrébins, sommes de grands consommateurs de légumes frais, explique Zakia, 53 ans. Mais nos enfants ont tendance à mal se nourrir, à avaler un sandwich ou des frites. Ils ne savent pas comment fonctionne une ferme. Ils n'ont pas l'idée d'y aller ! » « La plupart des jeunes du quartier ne se sont même jamais rendus à la Roche Taillée, en plein Pilat, à quatre kilomètres d'ici, s'étonne Marcel Gaillard, secrétaire du comité des quatre quartiers sud-est de Saint-Étienne. Ils ne se déplacent quelque part que s'ils y connaissent quelqu'un. Ce projet permet de briser la peur qui peut exister vis-à-vis du monde extérieur au quartier. »

Au fil de rencontres, de repas partagés, d'échanges de recettes, le projet prend forme. « Nous n'en sommes qu'au début, souligne Jean-Paul Barbot. Cela peut encore se développer de multiples façons. » Déjà des femmes du centre social, qui à l'occasion préparent des repas achetés par les sociétés alentour, commencent à passer commande de produits fermiers, plutôt que d'aller se fournir au supermarché. Plusieurs réunions ont fait émerger d'autres pistes, comme des stages à la ferme pour les plus jeunes et un jardin accessible à tous, sans avoir à emprunter le minibus du centre social. Les habitants pensent également réserver des moutons pour la fête de l'Aïd-El-Kebir. Une épicerie solidaire pourrait même voir le jour d'ici à deux ans.

 

BÉNÉVENT TOSSERI

 

Source : La Croix

MIS À JOUR LE 27/11/08

16.04.2012

Témoignage envoyé par Frère Alain STEINBACH (2)

Bonsoir,

J’ajouterai à mon texte que, fin septembre 1974, alors que le Père Gilles NICOLAS (ensuite curé de MEDEA, et à ce titre, beaucoup interrogé concernant le drame de Tibhirine, dans les médias !) était responsable de l’enseignement Catholique pour le Diocèse d’ALGER, et le Père Thierry BECKER, responsable de l’enseignement Catholique pour toute l’ALGERIE (66.OOO élèves scolarisés je crois !), une partie des nouveaux Coopérants de la D.C.C. ont déclenché une grève, avec A.G. , etc. Le leader était Xavier DENECKER, qui avait été élève comme moi, chez les Pères Maristes d’ENGHIEN-LES-BAINS (95) ! J’ai eu des problèmes dont je ris encore du fait que, souvent des prêtres d’ALGERIE, me confondaient avec ce Xavier D. Il paraît que notre ressemblance était si frappante que, croyant lui reprocher son action, c’était à moi qu’ils s’adressaient.

Comme aventure aussi, sur le bateau allant à ALGER, je me suis fait voler les 4OO francs nécessaires pour entrer en ALGERIE – vol effectué certainement au moment où je me suis penché vers quelqu’un qui offrait des bonbons, et les billets de 1OO F. ont été pris dans mon porte-monnaie, dépassant de la poche intérieure de ma veste. Et c’est Dominique ( ?), Coopérant chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à EL-BIAR qui m’a prêté les 4OO francs nécessaires pour entrer en ALGERIE. Avec mon 1er salaire, je suis monté, pour rembourser Dominique (devenu ensuite Frère des Ecoles Chrétiennes) – et j’y ai mangé avec les Frères des Ecoles Chrétiennes – et j’ai trouvé un établissement , une mentalité , des séparations très nettes entre Frères , Coopérants , Profs du Moyen-Orient , etc. , un type d’élèves ... à l’exact opposé de ce que nous vivions au Cours de Rattrapage de Belcourt et même du Collège St-Bonaventure , toujours à Belcourt , dont le Directeur était Frère Henri VERGES , .... ce qui peut donner une explication à la grève des Coopérants qui fut assez dure et a duré ... En 1976, le Président Houari BOUMEDIENNE a fait nationaliser les établissements scolaires Catholiques ! À EL BIAR, il y avait aussi MARC qui est devenu Père Mariste, et est malheureusement mort très jeune d’un cancer .

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Aventure amusante : l’Administration algérienne était si compliquée que je me suis trouvé dans l’impossibilité de rapatrier en FRANCE ce qui me restait de la maigre solde mensuelle qu’on nous octroyait ! Alors, il me fallait acheter des souvenirs pour ma famille, et je me vois encore Rue Didouche Mourad (ex-rue Michelet) à ALGER chez un vendeur de souvenirs, “ Je vous en prie : Montrez-moi ce que vous avez de plus cher (mais aussi de moins encombrant !), je veux l’acheter pour l’offrir à mes parents ! ” Ce fut finalement un service en cuivre pour le thé à la menthe !

 

Amicalement !

Frère ALAIN

(Petit Frère de Marie, ou Frère Mariste)

07.04.2012

Témoignage envoyé par Frère Alain STEINBACH (1)

        Cher Monsieur,

    J’ai été en effet, Coopérant en ALGERIE (je n’accepte pas le qualificatif de “pied rouge” qui n’a pour moi aucune raison d’être ! ni pied-noir, ni pied vert, ni pied rouge,... mais si certain(e)s aiment ce qualificatif et s’il représente quelque chose pour eux, je n’y vois aucun inconvénient !).

  C’était du temps du Président Houari BOUMEDIENNE, au Cours de Rattrapage de Belcourt (à ALGER), rue Nacira Nounou (pas très loin du Jardin d’Essai,) dirigé par RAMDANE (membre du F.L.N.) et par le Père Pierre LAFITTE. Nous occupions une ancienne salle de cinéma et ses annexes. Nous n’avions pas de cour de récréation sinon la rue et en 2 ans nous faisions 2 niveaux (6ème/5ème) puis (4ème /3ème). Nous ne donnions comme cours que maths, français et arabe (profs Syriens essentiellement). Nous avions des classes de plus de 40 élèves qui étaient en cours de rattrapage pour avoir été renvoyés d’autres établissements scolaires pour des raisons de manque de travail, ou de discipline ou de problème de santé. La 1ère année, le lundi, j’avais 8 heures de cours : 4 heures de maths et 4 heures de français dans 2 classes différentes (le nombre de classes était limité du fait de l’exiguïté des locaux !) ; j’en sortais “lessivé” ! J’ai fait ma coopération au lieu du service militaire (étant licencié en droit international), de septembre 1973 à fin juin 1975.

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   Étant un Cours de rattrapage, nos élèves étaient en général très difficiles (n’est-ce pas KHENNOUCHE (17 ans), alors que j’en avais 25/26), mais j’ai gardé un souvenir excellent de ces 2  années à ALGER. Hamid DJOUADI qui habitait une bicoque dans une sorte de bidonville Bld. Cervantès a commencé à manquer ; je suis allé le supplier presque à genoux, alors qu’il jouait au foot, de revenir au Cours de Rattrapage. Sa soeur en a eu tant de reconnaissance qu’elle m’a envoyé de magnifiques cartes de voeux jusqu’en 2000 ! Mes parents venant en ALGERIE vers avril 1974 (lors de la mort de G. POMPIDOU que nous avons apprise à CONSTANTINE ) et avril 1975, ont été reçus “royalement” par les parents de “mon” élève Yacine EL AMRANI qui , lui-même, est venu spécialement en FRANCE , pour ma Profession Perpétuelle de Religieux, à St-ETIENNE, en juin 1985 ; il a passé 8 jours chez mes parents (dans le Val d’Oise !) où, pour pouvoir prier, il faisait ses ablutions, et le vendredi, je l’ai accompagné à la Grande Mosquée de PARIS. Dès les premiers jours de chaleur, vers avril,  j’entendais rituellement des élèves qui me disaient : “Monsieur, ... le sang !” : un élève qui perdait du sang par le nez (anémie, ...), et un autre qui devait l’emmener à la fontaine !

   Ce furent certainement les meilleures années de ma vie ... Cette beauté à couper le souffle, de l’ALGERIE ... toutes ses fleurs de toutes les couleurs  dans les champs que nous ramenions, vers le mois de mars chez nous pour les mettre dans des vases. J’ai eu l’immense chance de pouvoir parcourir (surtout avec mes parents qui louaient une voiture !) l’ALGERIE dans tous les sens – éblouissement des Aurès – CONSTANTINE , les ruines romaines grandioses de DJEMILA , TIDDIS , TIMGAD , etc. – TIPASA si chère à Albert CAMUS (mon écrivain préféré – un homme incompris et pourtant qui proposait des solutions raisonnables, celles d’un homme de paix soucieux de la justice !) , TLEMCEN , ... et puis l’envoûtant SAHARA d’EL OUED à TIMMIMOUN , de OUARGLA à GHARDAÏA , ... et le 27/12/1974 , la messe de Noël , à l’Assekrem dans le Hoggar , après avoir fait de la Land-Rover et 3O Km. sur le dos d’un dromadaire avec Francis FAVRESSE , un autre coopérant , et un Tourareg ... BEJAIA – ex-BOUGIE (et l’église en train d’être transformée en mosquée !) , la KABYLIE – la pluie sur BLIDA , et la neige obligeant à rebrousser chemin avant de pouvoir arriver en deu-deuch à CHREA .... ORAN, ... Je suis allé à Thibirine et j’ai pu visiter une nouvelle mosquée à MEDEA. On a dû rebrousser chemin avant BISKRA du fait des inondations ... . EL ASNAM, BOUIRA, TIARET, etc.

   L’accueil des Algériens m’a beaucoup touché. J’y suis retourné en août 1988 pour le mariage de YACINE, mais j’ai eu très mal de constater combien la situation s’était dégradée dans une ville comme ALGER (dans le plus grand magasin de la rue Ben M’Hidi (ex-rue d’Isly), très difficile de trouver un pot de confiture !) au point de vue économique, etc. ... J’ai logé rue Ben Cheneb, à l’endroit même où Frère Henri VERGES et la Petite Soeur Paul-Hélène ont été assassinés le 8 mai 1994 (les 1ers d’une longue série dont les 4 Pères Blancs de TIZI-OUZOU, les moines de Tibhirine, et enfin Mgr. CLAVERIE !) .

   Pays enchanteur que l’ALGERIE qui occupe une grande place dans mon coeur, où j’ai passé les meilleurs années de ma vie, ... mais aussi pays tragique et très douloureux qui me fait lire tous les livres paraissant actuellement sur les drames avant l’Indépendance et après (et regarder les émissions à la télé sur la “GUERRE D’ALGERIE”!), avec les points de vue très opposés. Combien je comprends la souffrance de ceux qui ont dû quitter l’ALGERIE ! Combien je comprends ceux qui ont voulu une réelle justice ! Que de rendez-vous manqués ! Quel gâchis final pour nos pays ! Quelle honte pour la FRANCE qui n’a rien su gérer ni pour les Algériens, ni pour ceux qu’elle avait envoyés là-bas (les Pieds-noirs), et au surplus le drame des Harkis, ... !

    

   Chers élèves de Belcourt (BELLILI, LEMOU, etc.), je vous porterai toujours dans mon coeur, surtout vous Hamid et Yacine !

    

     Amicalement.

     Frère ALAIN