25.06.2009

Souad MASSI et IDIR à FOUGERES (35)

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18.06.2009

"Alger, mon amour" par Bernard Batais


À propos de l'auteur :
Après des études de météorologie, Bernard Batais occupe différentes fonctions au sein de l’administration, dans l’Armée de l’air et au titre de la coopération en Algérie. En 1973, il embrasse la carrière de journaliste d’entreprise. Il devient rédacteur en chef d’un magazine de prestige, poste qu’il occupera jusqu’en 1994. Depuis, devenu indépendant, il travaille comme pigiste pour différents magazines spécialisés dans la photographie.
En 2002, il publie un premier ouvrage aux Editions Grandvaux, Monsieur Michel a disparu, roman policier où il se livre à une satire féroce des multinationales.


Notre avis :
Un témoignage poignant sur ce que fut la vie des européens et pieds-noirs aux derniers temps de l’Algérie Française. Cette histoire donne à voir toute leur douleur et résonne comme un cri d’amour pour ce pays.

Résumé :
Février 1962. Fabrice retrouve Alger, une ville qui lui est chère et qu’il a bien connu, quelques années auparavant lorsqu’il était militaire. Le pays s’achemine inexorablement vers l’indépendance et sa capitale s’apprête à endurer une longue agonie. C’est cette atmosphère de fin du monde qui est retracée dans cet ouvrage. Au milieu des crimes, des attentats, des massacres, des enlèvements de toutes sortes, Fabrice rencontre l’amour. Un amour incongru, quasi-impossible, dans cette ville en folie, mais auquel il va s’accrocher… désespérément.

Un extrait :
Alger mon amour Bernard BATAIS (Extrait chapitre 2)

" Ce fut le soleil qui me réveilla. Je n’avais fermé les volets qu’en partie et un large rayon de lumière vint baigner le lit. Une douce chaleur envahit mes cuisses et mon ventre, comme si une main chaude s’était posée là pour me rappeler qu’il était temps de revenir à la vie. Je restai quelques minutes sans bouger, savourant cette caresse inattendue comme annonciatrice d’une journée bienheureuse. J’avais ouvert les yeux et je contemplais la chambre au décor banal où m’avaient installé mes cousins. À part le lit, elle n’était meublée que d’une armoire hideuse qui avait dû être qualifiée de moderne entre les deux guerres. Pas de tapis, pas de rideaux, pas de tableaux aux murs. On était loin de l’intérieur cossu de l’appartement parisien de mes parents, où foisonnaient les meubles de style et les objets d’art. Il y avait une telle débauche de luxe qu’il était devenu pour moi comme un étalon à partir duquel je jugeais de la richesse des gens lorsque j’entrais chez eux pour la première fois.
Aujourd’hui, je n’avais pas besoin de cela. Mes cousins, je le savais, n’avaient jamais roulé sur l’or. Félicien n’avait été tout au long de sa vie qu’un modeste fonctionnaire et Solange avait rarement travaillé. À Alger, ils n’avaient vécu que dans des habitations à bon marché. Mais peu importait pour moi, ils avaient le coeur sur la main. Trois ans plus tôt, ils m’avaient accueilli à bras ouverts, me considérant comme leur fils. Grâce à eux, je gardais de ces mois passés sous l’uniforme un excellent souvenir. Cette fois encore, ils m’offraient l’hospitalité sans discuter, j’étais chez eux, je pouvais rester des mois, ils ne me demanderaient pas un sou. Et puis dans cet appartement régnait la paix, je ne les avais jamais entendus se quereller. C’était un couple simple, sans histoires. Quelle transition avec l’atmosphère conflictuelle qui régnait chez moi en permanence!
Je me levai et allai sur la loggia d’où l’on dominait Alger. Vu de là, tout paraissait calme, et pourtant, je le savais, les passions dans cette ville étaient déchaînées et le drame permanent.
Je retrouvais cette cité magnifique qui m’avait tant impressionné lors de mon premier voyage. "

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Ce livre est en vente ici :

 

12.06.2009

Message adressé à … par Jean CHASSIGNET

Message adressé à un jeune visiteur algérien, interrogatif quant à l'origine de ces images, en janvier 2003 :

 

″J'ai parcouru votre pays d'origine voici plus de 20 ans. À cette époque des accords de coopération avaient été passé avec la France, en particulier dans le domaine de l'enseignement. Beaucoup de jeunes diplômés, dont je faisais partie, avaient donc, entre autres, la possibilité de venir enseigner chez vous, ce qui en intéressait plus d'un, puisque ce volontariat remplaçait notre service national, même si la durée était de 16 mois au lieu de 12.

 

J'ai donc enseigné à l'Institut Technologique des Travaux Publics et du Bâtiment de Kouba, dans la banlieue est d'Alger, de septembre 1978 à juillet 1980. Ce travail m'a laissé du temps libre, et comme je suis curieux, comme votre pays m'a fasciné par sa beauté et sa diversité, comme j'y ai rencontré une chaleur humaine inconnue de ce côté-ci de la Méditerranée, j'ai sillonné votre pays autant que j'ai pu. J'y étais allé aussi en 1973, chez mon frère enseignant en Kabylie. Autant dire que l'Algérie m'a marqué.

 

La photographie était un de mes hobbys à l'époque et j'ai pris beaucoup de diapositives. Les diapositives ne sont pas pratiques à regarder, et j'ai fait l'an dernier l'acquisition d'un scanner. J'en ai donc profité pour numériser une sélection de photographies, et j'ai mis ces images à la vue de tous. La qualité n'est pas excellente, mais votre pays est tellement beau que cela m'excuse peut-être. Il est seulement dommage que l'Algérie se soit fermée au monde extérieur depuis bien longtemps. Les guerres n'ont que du mauvais pour tous. J'espère pouvoir y retourner un jour, dans la sérénité.″

 

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Piste vers Tadmit

04.06.2009

Les voyages de Bernard DIMET

 

" La passion des voyages m'est sans doute venue tout petit, entretenue par la lecture des livres et les récits de voyageurs célèbres parus dans des bandes dessinées comme Tintin ou Spirou ou dans des livres comme ceux d'Alain Gerbault, à moins que ce ne soit l'Iliade et l'Odyssée.

 

 Ce n'est que plus tard, en classe de troisième, que le projet d'un grand voyage a vu le jour : des amis de mon père qui travaillaient et vivaient au Sénégal, m'ont invité à passer des vacances à Dakar.

 

Mon père répondit d'un air solennel : « Mon fils ira à Dakar s'il est reçu à son B.e.p.c. »

 

En juillet de l'année suivante, temps nécessaire pour réunir le prix du voyage, environ 900 francs de l'époque, je partis en train jusqu'à Marseille puis pris l'Ancerville, paquebot de la compagnie Paquet (en classe standard, celle juste au-dessus de la classe cale).

Après 7 jours de voyage, la ville de Dakar était en vue.

 

Ce voyage était plus qu'un simple voyage : il fut LE voyage initiatique, déclencheur d'un processus de départs et de retours.

 

Puis ce fut la coopération en Algérie avec des nombreux voyages dans le désert algérien, un des plus beau à mon goût : les sept cités de Ghardaïa, El Goléa et le plateau du Tadémaït, Ouargla, In Salah, Tamanrasset, Djanet, Timimoun la rouge, Beni-Abbes et Taghrit, ...

 

Ensuite, le désir de partir a été très fort. Ce fut le grand voyage, celui que j'intitule (livre en préparation) : Des déserts de l'Afrique aux montagnes de l'Amérique du sud - itinéraire de deux citoyens à la découverte du monde.

 

Bilan : entre les accompagnements de voyages pour Nouvelles Frontières et les voyages personnels, j'ai effectué près de deux cents voyages et visité (pas « fait » !) environ 90 pays, certains m'ayant vu plusieurs fois : la Grèce et en particulier la Crète, le Sénégal, le Népal, l'Inde, etc.

 

Algérie, Allemagne, Angleterre, Argentine, Australie, Belgique, Bénin, Birmanie, Bolivie, Brésil, Bulgarie, Burkina-Faso, Cameroun, Canada (en particulier Québec), Canaries, Chine (dont Tibet), Colombie, Corée (Sud), Cuba, Danemark, Égypte, Équateur, Espagne, Finlande, Grèce, Hong-Kong, Inde, Indonésie, Italie, Israël, Japon, Jordanie, Kenya, Laos, Luxembourg, Macao, Malaisie, Mali, Malte, Maroc, Mauritanie, Mexique, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Paraguay, Pérou, Panama, Pays-Bas, Pakistan, Philippines, Rio-del-Oro (pays disparu), Roumanie, Sénégal, Singapour, Suède, Thaïlande, Togo, Turquie, Tunisie, USA, Venezuela, Viêt-Nam, Yémen, Yougoslavie.

 

J'ai également créé des circuits pour Nouvelles Frontières : Louisiane, Sénégal (Pays Bassari), Chine, Tibet. "

 

 

Source de cette page

 

 

30.05.2009

Longtemps, j’ai voulu écrire... (Anna ALTER)



J’ai commencé à écrire quand je suis devenue journaliste. J’en avais envie, je voulais le faire depuis bien plus longtemps mais je ne pouvais pas : c’était le domaine réservé de mon frère Christophe. Il était très doué, il avait un style classique, très travaillé. Enfant, j’étais très admirative, il savait faire des phrases avec des mots compliqués, montrer qu’il était fort en écriture. D’ailleurs, il avait toujours le premier prix de français.

J’en ai eu un moi aussi, en première, et j’ai dédicacé mon livre à ma professeure de l’époque. L’année suivante, en terminale, j’étais dernière… L’expérience a été si traumatisante que, depuis, je doute et me pose régulièrement la question : suis-je dans une phase « première » ? Ou « terminale » ? C’est pourquoi j’ai toujours besoin d’être entourée par des gens en qui j’ai confiance et qui me rassurent lorsque je leur donne à lire mon travail. Je suis très désarçonnée lorsqu’on me dit que c’est mauvais et je choisi mes lecteurs avec soin, de préférence parmi les bonnes copines qui savent prendre des gants.

J’ai donc laissé l’écriture à mon frère pour investir un autre territoire, celui des sciences. Je m’y sentais bien, il était à moi, rien qu’à moi et même si je ne pense pas avoir eu un don particulier pour les sciences, pas plus que pour l’écriture, mes efforts dans ce domaine donnaient rapidement de bons résultats. Je prenais plaisir aux sciences, un plaisir sensuel, et je suis devenue "doktorr astrophysik". Puis je suis partie en coopération en Algérie et, à mon retour, j’ai rompu avec elles. Je suis devenue journaliste. Avec, toujours, quelque part en moi, cette idée qu’un jour j’écrirais pour de vrai. Le journalisme aussi me demandait beaucoup d’efforts mais ce n’était pas un aboutissement, pas une vocation. J’ai fait des livres de journaliste par la suite, que je considère comme des gammes avant le « vrai » livre. Christophe me gênait et je n’ai pu écrire autre chose, ce dont j’avais envie, qu’après sa mort. J’ai pu alors braver l’interdit

Le roman, une réinvention du monde.

Je n’ai jamais eu envie d’inventer un personnage, parce que cela n’a aucune importance pour moi. Qu’il soit fictif ou réel, un personnage ne devient un personnage que par la manière dont il est raconté, grâce au relief que lui donne l’écriture. Ecrire est une interprétation de la réalité, et le roman commence dès qu’on a un regard sur les choses. Un grand romancier n’est pas nécessairement celui qui bâtit des intrigues, mais celui qui pose sur le monde, sur son monde, sur ces contemporains, sur lui-même, un regard particulier. Cela n’a rien à voir avec l’auto-fiction, le « moi-je », bien au contraire ; c’est un regard distancié.
Je vis ma vie à plat, et je lui donne du relief par l’écriture. Un relief biaisé, parce que je la vois à travers d’autres yeux que les miens : ceux d’une petite fille dans mon premier roman, d’une adolescente dans le second et d’une adulte dans le troisième, pas forcément celle que je suis maintenant. C’est de la réinvention plutôt que de l’invention. J’aime regarder les choses à distance, de très loin, puis relier entre eux des évènements qui n’ont peut-être aucun lien dans la réalité. Le monde est une voûte céleste piquetée d’étoiles que j’assemble les unes aux autres par la pensée pour former des constellations qui n’existent que pour moi. C’est cela, avoir un regard. Les données de la vie sont exceptionnelles, je n’ai pas besoin d’en rajouter de nouvelles avec mon pauvre cerveau. A moi de savoir faire partager.


Je ne regrette pas de l’avoir fait, même si c’est beaucoup d’énergie dépensée pour un résultat, en termes de ventes, assez médiocre. Mon livre n’est pas encore mort, il court toujours, deux ans après. Mais a-t-on vraiment envie de se vendre ? Pour moi, le plus important a été de pouvoir rencontrer des gens qui l’ont lu, l’ont aimé, sont en osmose avec lui. Puis il y a toujours l’espoir que le temps décante, que mon livre soit considéré comme « quelque chose » par rapport aux « riens » vendus à 300 000 exemplaires. Il est aujourd’hui plus facile de vendre du vent, mais ce n’est pas une raison pour faire du vent.

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