08.09.2009

Hamid Ghidouche ancien élève de Claude Bardos.

Hamid Ghidouche est décédé d’un cancer le mardi 16 juin à l’âge de 54 ans. Il était le fils aîné d’une famille de paysans de Kabylie. Il suit des études secondaires à Bougie (Bejaïa) et les hasards de la guerre d’indépendance de l’Algérie l’amènent un moment à Grenoble.

 

Plus tard il fait des études supérieures à Alger et c’est là que Claude Bardos, coopérant en Algérie, le convainc de venir travailler en France. Il arrive à Paris en 1969 et passe son DEA puis sa thèse de troisième cycle, en collaboration avec N. Point, sous la direction de C. Bardos et S. Ukaï.

 

Docteur d’état il a contribué en particulier à l’analyse numérique et au calcul scientifique de problèmes de changement de phase dans les milieux poreux avec applications à la mécanique des sols. Sa collaboration avec M. Frémond et le LCPC a été durable et fructueuse. Travaillant à l’université Paris XIII dès la création de celle-ci, il y deviendra Maître de Conférences Hors Classe. Hamid Ghidouche a joué à Paris XIII un rôle fondamental dans le développement et l’animation des enseignements d’analyse numérique et de calcul scientifique, d’abord dans la MST puis dans le diplôme d’ingénieur MACS. Toujours disponible pour un conseil ou un service, il était très apprécié des étudiants et de tous ses collègues. Son courage et sa lucidité face à sa maladie forcent notre admiration. Toute notre sympathie va à son épouse Danielle et à ses enfants Gaël et Maïwenn.

 

Claude Basdevant

 

SMF – Gazette-78, Octobre 1998

 

 

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Claude BARDOS à Toronto

 

18.06.2009

"Alger, mon amour" par Bernard Batais


À propos de l'auteur :
Après des études de météorologie, Bernard Batais occupe différentes fonctions au sein de l’administration, dans l’Armée de l’air et au titre de la coopération en Algérie. En 1973, il embrasse la carrière de journaliste d’entreprise. Il devient rédacteur en chef d’un magazine de prestige, poste qu’il occupera jusqu’en 1994. Depuis, devenu indépendant, il travaille comme pigiste pour différents magazines spécialisés dans la photographie.
En 2002, il publie un premier ouvrage aux Editions Grandvaux, Monsieur Michel a disparu, roman policier où il se livre à une satire féroce des multinationales.


Notre avis :
Un témoignage poignant sur ce que fut la vie des européens et pieds-noirs aux derniers temps de l’Algérie Française. Cette histoire donne à voir toute leur douleur et résonne comme un cri d’amour pour ce pays.

Résumé :
Février 1962. Fabrice retrouve Alger, une ville qui lui est chère et qu’il a bien connu, quelques années auparavant lorsqu’il était militaire. Le pays s’achemine inexorablement vers l’indépendance et sa capitale s’apprête à endurer une longue agonie. C’est cette atmosphère de fin du monde qui est retracée dans cet ouvrage. Au milieu des crimes, des attentats, des massacres, des enlèvements de toutes sortes, Fabrice rencontre l’amour. Un amour incongru, quasi-impossible, dans cette ville en folie, mais auquel il va s’accrocher… désespérément.

Un extrait :
Alger mon amour Bernard BATAIS (Extrait chapitre 2)

" Ce fut le soleil qui me réveilla. Je n’avais fermé les volets qu’en partie et un large rayon de lumière vint baigner le lit. Une douce chaleur envahit mes cuisses et mon ventre, comme si une main chaude s’était posée là pour me rappeler qu’il était temps de revenir à la vie. Je restai quelques minutes sans bouger, savourant cette caresse inattendue comme annonciatrice d’une journée bienheureuse. J’avais ouvert les yeux et je contemplais la chambre au décor banal où m’avaient installé mes cousins. À part le lit, elle n’était meublée que d’une armoire hideuse qui avait dû être qualifiée de moderne entre les deux guerres. Pas de tapis, pas de rideaux, pas de tableaux aux murs. On était loin de l’intérieur cossu de l’appartement parisien de mes parents, où foisonnaient les meubles de style et les objets d’art. Il y avait une telle débauche de luxe qu’il était devenu pour moi comme un étalon à partir duquel je jugeais de la richesse des gens lorsque j’entrais chez eux pour la première fois.
Aujourd’hui, je n’avais pas besoin de cela. Mes cousins, je le savais, n’avaient jamais roulé sur l’or. Félicien n’avait été tout au long de sa vie qu’un modeste fonctionnaire et Solange avait rarement travaillé. À Alger, ils n’avaient vécu que dans des habitations à bon marché. Mais peu importait pour moi, ils avaient le coeur sur la main. Trois ans plus tôt, ils m’avaient accueilli à bras ouverts, me considérant comme leur fils. Grâce à eux, je gardais de ces mois passés sous l’uniforme un excellent souvenir. Cette fois encore, ils m’offraient l’hospitalité sans discuter, j’étais chez eux, je pouvais rester des mois, ils ne me demanderaient pas un sou. Et puis dans cet appartement régnait la paix, je ne les avais jamais entendus se quereller. C’était un couple simple, sans histoires. Quelle transition avec l’atmosphère conflictuelle qui régnait chez moi en permanence!
Je me levai et allai sur la loggia d’où l’on dominait Alger. Vu de là, tout paraissait calme, et pourtant, je le savais, les passions dans cette ville étaient déchaînées et le drame permanent.
Je retrouvais cette cité magnifique qui m’avait tant impressionné lors de mon premier voyage. "

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Ce livre est en vente ici :

 

04.06.2009

Les voyages de Bernard DIMET

 

" La passion des voyages m'est sans doute venue tout petit, entretenue par la lecture des livres et les récits de voyageurs célèbres parus dans des bandes dessinées comme Tintin ou Spirou ou dans des livres comme ceux d'Alain Gerbault, à moins que ce ne soit l'Iliade et l'Odyssée.

 

 Ce n'est que plus tard, en classe de troisième, que le projet d'un grand voyage a vu le jour : des amis de mon père qui travaillaient et vivaient au Sénégal, m'ont invité à passer des vacances à Dakar.

 

Mon père répondit d'un air solennel : « Mon fils ira à Dakar s'il est reçu à son B.e.p.c. »

 

En juillet de l'année suivante, temps nécessaire pour réunir le prix du voyage, environ 900 francs de l'époque, je partis en train jusqu'à Marseille puis pris l'Ancerville, paquebot de la compagnie Paquet (en classe standard, celle juste au-dessus de la classe cale).

Après 7 jours de voyage, la ville de Dakar était en vue.

 

Ce voyage était plus qu'un simple voyage : il fut LE voyage initiatique, déclencheur d'un processus de départs et de retours.

 

Puis ce fut la coopération en Algérie avec des nombreux voyages dans le désert algérien, un des plus beau à mon goût : les sept cités de Ghardaïa, El Goléa et le plateau du Tadémaït, Ouargla, In Salah, Tamanrasset, Djanet, Timimoun la rouge, Beni-Abbes et Taghrit, ...

 

Ensuite, le désir de partir a été très fort. Ce fut le grand voyage, celui que j'intitule (livre en préparation) : Des déserts de l'Afrique aux montagnes de l'Amérique du sud - itinéraire de deux citoyens à la découverte du monde.

 

Bilan : entre les accompagnements de voyages pour Nouvelles Frontières et les voyages personnels, j'ai effectué près de deux cents voyages et visité (pas « fait » !) environ 90 pays, certains m'ayant vu plusieurs fois : la Grèce et en particulier la Crète, le Sénégal, le Népal, l'Inde, etc.

 

Algérie, Allemagne, Angleterre, Argentine, Australie, Belgique, Bénin, Birmanie, Bolivie, Brésil, Bulgarie, Burkina-Faso, Cameroun, Canada (en particulier Québec), Canaries, Chine (dont Tibet), Colombie, Corée (Sud), Cuba, Danemark, Égypte, Équateur, Espagne, Finlande, Grèce, Hong-Kong, Inde, Indonésie, Italie, Israël, Japon, Jordanie, Kenya, Laos, Luxembourg, Macao, Malaisie, Mali, Malte, Maroc, Mauritanie, Mexique, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Paraguay, Pérou, Panama, Pays-Bas, Pakistan, Philippines, Rio-del-Oro (pays disparu), Roumanie, Sénégal, Singapour, Suède, Thaïlande, Togo, Turquie, Tunisie, USA, Venezuela, Viêt-Nam, Yémen, Yougoslavie.

 

J'ai également créé des circuits pour Nouvelles Frontières : Louisiane, Sénégal (Pays Bassari), Chine, Tibet. "

 

 

Source de cette page

 

 

24.01.2009

Maxime PICARD et les nouveaux Coopérants

 

Les vacances se déroulèrent au mieux. Oubliant tous les risques encourus pendant les «événements» et sachant qu'ils ne se renouvelleraient pas, nous profitâmes sans contrainte de ces mois de détente.

 

Quand nous repartîmes, nos familles éprouvèrent moins d'appréhension que lors des années précédentes.

 

La toute nouvelle république algérienne fit bientôt appel aux pays amis pour l'aider dans son développement. C'est ainsi qu'arrivèrent des coopérants animés des meilleures intentions. Les Français n'étaient pas les derniers à apporter leur contribution, venant renforcer l'effectif de ceux qui avaient choisi de rester après l'indépendance. Pour mener à bien l'arabisation en milieu scolaire, les pays du Maghreb apportèrent leur aide ainsi que l'Egypte et la Palestine. L’Education ne fut pas la seule branche à profiter de cette collaboration. Dans le domaine de la Santé, les autorités algériennes firent appel à des pays de l'Europe de l'Est, notamment la Russie et la Bulgarie.

 

A Mékla vint s'installer un médecin bulgare qui fut vite reconnu comme un praticien compétent et dévoué, recevant à son cabinet, se déplaçant à la demande, ouvrant de petits dispensaires dans les bleds reculés, formant des infirmiers – tout cela bénévolement, sa seule rémunération provenant du traitement que lui allouait son pays d'origine

 

Il se présenta un jour à mon bureau, de façon spontanée et très sympathique. Se rendant compte de l'importance de la population scolaire et du suivi médical déficient, il me proposa d'organiser des visites de contrôle sanitaire et d'envisager des séances de vaccination DTTAB destinées aux élèves du primaire. J'acceptais, naturellement, sachant que l'inspection académique verrait l'initiative d'un très bon œil.

 

L'organisation de cette vaccination, qui concernait plus de 500 enfants, posait quelques petits problèmes –qui ne demandaient qu'à être résolus– Chaque instituteur dicta à ses élèves un formulaire les autorisant à se faire vacciner, qui devait être signé par les parents. Il n'y eut aucun refus. Les trois injections qui devaient être espacées l'une de l'autre d'une semaine se pratiquèrent dans la grande cour de l'école. Les rudiments de secourisme que nous avions acquis à l'école normale, qui comprenaient l'initiation aux piqûres intramusculaires, nous furent alors d'un précieux secours. Nous fûmes trois enseignants à mettre à dispositions nos talents dans ce domaine. Sous le contrôle et avec la collaboration du médecin et d'un infirmier, nous progressâmes dans l'art de doser la quantité de vaccin, de flamber les aiguilles, de piquer sans hésitation. Dès la deuxième séance, nos petits patients pouvaient choisir leur «piqueur» et l'on pouvait entendre : «Monsieur Gay, il ne fait pas mal», «Moi, je préfère le docteur», «Moi, non ! C’est Monsieur Pons!». D'autres allaient vers l'infirmier ou Monsieur Picard. Toujours est-il que l'opération fut menée à bien.

 

La collaboration avec notre médecin n'en resta pas là. Il fut toujours présent quand nous eûmes besoin de lui. Il ne tarda pas à devenir un véritable ami et nous pûmes apprécier son dévouement, son humanisme, sa culture. Il s'intégra si bien à notre groupe qu'il épousa une jeune célibataire de l'école de filles. Il avait pour habitude de nous appeler «bardjanak» (terme bulgare dont je ne garantis pas l'orthographe) et que nous traduisions par «ami».

Nous avons gardé des relations d'amitié avec le couple, installé, depuis, dans la région parisienne. Malheureusement, nous dûmes assister récemment, au «Père La Chaise» à la crémation de notre «bardjanak», victime d'une crise cardiaque.

 

Les années qui suivirent, mes collègues et moi avons participé de notre mieux à l’effort de construction de cette Algérie nouvelle. Notre statut de coopérant nous interdisait toute participation à la vie politique du pays d'accueil ; nous consacrant uniquement à notre travail, nous ne pouvions pas prendre parti devant certaines dispositions qui nous paraissaient discutables. C’est ainsi que nous connûmes l'arabisation de l'enseignement. Il paraît normal et même souhaitable qu'un pays indépendant tienne à enseigner à ses enfants dans la langue maternelle. En Kabylie, le problème est particulier : d'origine berbère, les Kabyles restent attachés à leur tamazight. Toujours est-il que cette arabisation a été lancée de façon un peu hâtive, sans que soient formés un nombre suffisant d’enseignants. On fit appel au début, aux cheikhs des mosquées qui, malgré leur bonne volonté, ne surent qu'appliquer les méthodes des écoles coraniques. Dès la seconde année, l'éducation religieuse était inscrite dans les programmes, mettant à mal la laïcité à laquelle sont attachés les instituteurs.

 

Les activités syndicales n'étaient pas, elles non plus, permises aux étrangers. Le Syndicat national des instituteurs avait résolu la question en créant une association professionnelle : l’A.P.I.F.A. *  J'acceptai d'être le secrétaire de l'association, pour la Kabylie. La collaboration de Jean Pons (qui devait, par la suite, me succéder) me fut précieuse dans l'accomplissement de cette fonction.

 

Sur le plan scolaire, les résultats que nous obtenions étaient encourageants, et satisfaisant le pourcentage de réussite aux différents examens et concours : certificat d'études, entrée en 6e, C.A.P. professionnels. Le lycée Amirouche de Tizi-Ouzou accueillait nos élèves à partir de la 6e, à condition qu'ils soient internes. Jugeant préférable que les enfants de Djemâa puissent rester quelques années de plus au pays, je demandai et obtins la création d'un C.E.G. Il fallut malheureusement enlaidir la grande cour par l'installation de deux «préfabriqués».

 

Quant à notre internat, il fonctionnait correctement mais, faute de place, fut limité à 30 élèves. Ma femme obtint, sous contrat local, l'emploi de secrétaire, je réussis à faire détacher un instructeur en qualité d'intendant et deux surveillants furent nommés ainsi qu'un second agent de service. Notre C.C.E.P., devenu C.E.T., ne demandait qu'à s’agrandir. Je proposai donc la construction de nouveaux locaux, sur un terrain communal. Bien soutenu par l'inspecteur de l'enseignement technique, le projet fut assez rapidement pris en compte et j'eus la satisfaction de voir commencer les travaux.

 

 

* Association professionnelle des instituteurs français en Algérie

 

Extrait de son livre "Chez moi en Kabylie"

27.12.2008

Convention signée Jean DE BROGLIE et Abdelaziz BOUTEFLIKA

Nous autres, Coopérants, de quel régime dépendions-nous ?

Nous ne nous posions guère la question …


J’ai retrouvé le texte de la CONVENTION signée entre L’ALGÉRIE et LA FRANCE en 1966.

Voici les articles du Décret n° 66-313 du 14 octobre 1966 relatifs au Personnel de l’Enseignement.

Cette convention avait été signée à Paris le 6 (ou le 8) avril 1966 par Jean DE BROGLIE et Abdelaziz BOUTEFLIKA !

 

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06.12.2008

Chantal Péran, assistante sociale après l’Algérie

Chantal Péran, assistante sociale, et Jean-Jacques Parmentier, enseignant, ont fêté leur départ en retraite, jeudi, au collège Charles-Langlais de Pontivy.

 

Tout le personnel du collège était réuni pour honorer les heureux retraités, ainsi que leurs collègues appelés à d'autres fonctions et les (très) jeunes nouveaux arrivants.

 

Chantal Péran est également assistante sociale au collège Romain Rolland et au lycée du Blavet.

 

 

Chantal Péran se souvient très bien de l'année « 1968, le premier mai, je terminais ma première année à l'école d'assistante sociale, à Alençon en haute Normandie. Avant de partir à Saint-Lô et de passer le concours d'assistante sociale en 1972. J'ai connu mon mari, là-bas. Je l'ai accompagné en coopération, en Algérie, en 1970 ».

 

Sur la région, Chantal précise son parcours : « Nous sommes allés en Bretagne, la région d'origine de mon mari, en 1979. Ayant eu trois enfants, j'ai été dix ans en disponibilité. En 1989, je commençais au lycée du Blavet. Après la manifestation des lycéens en 1991 et la création des fonds sociaux, je suis arrivée au lycée Joseph-Loth et à Charles Langlais. Soit 26 ans dans l'éducation nationale ».

 

Chantal Péran se prépare à une retraite active avec ses enfants et petits-enfants. Sportive, elle s'investit dans la gym et le chant.

 

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Source : OUEST-FRANCE

02.12.2008

Père Christophe LEBRETON, mort à Tibhirine

 

Né le 11 octobre 1950 à Blois (Loir-et-Cher), Christophe LEBRETON passa d’abord deux ans en Algérie à titre de coopérant de 1972 à 1974. C’est alors qu’il connut le monastère de Tibhirine. Étant entré au monastère de Tamié en Savoie en 1974, il arriva à Tibhirine le 23 avril 1976 jusqu’au 11 novembre 1977. Il est ensuite reparti au monastère de Tamié, et il est revenu à Tibhirine en 1987. Poète et mystique d’une grande sensibilité, il établit des liens d’amitié très profonds avec la population environnante.

 

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Vue de Tibhirine
Source : Site de l'ADA

 

17.11.2008

Gilbert BADIA, promoteur de l’allemand à Alger

Gilbert BADIA (1916-2004)

 

Notre collègue et ami Gilbert Badia, mort à l’automne 2004 à l’âge de 88 ans, nous laisse une œuvre immense de germaniste historien de l’Allemagne contemporaine.

 

Il était fils d’un maçon catalan venu chercher du travail dans le Midi de la France. Après une brillante scolarité au Lycée de Béziers, il avait commencé à l’Université de Montpellier des études d’allemand. Assistant de français à Spiekeroog (une des îles frisonnes !) puis à Hambourg, il avait découvert à vingt ans l’Allemagne hitlérienne. Il témoignera plus tard de cette expérience qui l’avait profondément marqué. Son parcours personnel est celui d’un homme engagé dans les combats de son époque. Il adhère en 1938 au Parti communiste après sa rencontre avec sa future femme, une jeune institutrice communiste, et obtient en 1939 l’Agrégation d’allemand. Durant l’occupation, Gilbert Badia s’engage dans une organisation de la Résistance appelée « TA », le Travail allemand, une section de la MOI (« Main d’Œuvre Immigrée ») chargée de recueillir des informations auprès des soldats ennemis, de les démoraliser et de les inciter à la désertion. Arrêté deux fois, en janvier 1941 et en septembre 1943, il réussit à s’évader, de la prison de La Santé d’abord, puis d’un camp en Haute-Vienne. A chaque fois, il reprend ses activités de résistant à Paris. A la Libération, il devient Secrétaire général du quotidien communiste Ce Soir, dirigé par Aragon. Évincé du journal en 1950, il réintègre l’Éducation nationale. Nommé au Lycée Charlemagne à Paris, il occupera ce poste jusqu’au début des années soixante.

 

C’est durant cette période qu’il écrit son Histoire de l’Allemagne contemporaine, parue en 1962 et rééditée de nombreuses fois. Plusieurs générations d’étudiants germanistes se nourriront de cet ouvrage, dont le second volume surtout, qui traite des Allemagnes après la guerre, porte indéniablement la marque de son époque et de l’engagement de son auteur. En 1987, Gilbert Badia en fera paraître, avec une équipe de germanistes, une édition entièrement refondue.

 

Malgré cet ouvrage important, bientôt suivi par des recherches sur le mouvement spartakiste, Gilbert Badia n’avait à cette époque guère de chances d’être recruté dans une université française, du fait de son engagement politique et de ses orientations de recherche. La civilisation allemande était encore fort peu représentée dans les études germaniques, essentiellement orientées, avant 1968, vers la littérature, la langue et la philologie, et marquées par un certain passéisme. Il s’ouvrira les portes de l’enseignement supérieur, en allant apporter son aide au développement universitaire de l’Algérie indépendante, et en fondant à l’Université d’Alger la section d’allemand qu’il dirigera jusqu’en 1966.

 

A son retour en France, c’est dans des universités récemment créées, ouvertes à des approches contemporaines et à des objets d’études nouveaux, qu’il trouvera accueil. En 1968, après deux années passées à l’Université de Nanterre, il choisit d’enseigner au Centre Universitaire expérimental de Vincennes qui vient de s’ouvrir, la future Université de Paris 8. Il y enseignera jusqu’à la fin de sa carrière, en 1985, exerçant notamment la fonction de vice-président du Conseil scientifique. Il siègera par ailleurs comme élu du SNESup au Conseil Supérieur des Universités (l’actuel CNU), puis au CNESER.

 

 

Un homme de conviction aussi, mais sachant écouter et se remettre en cause, quand il le fallait, sans se renier ni se plier au discours dominant.

 

 

Il fut, enfin, un remarquable traducteur dans des registres très variés : pièces de théâtre de Brecht, de Martin Walser, Heinar Kipphardt, Jura Soyfer, Volker Braun, poèmes de Brecht, textes théoriques de Marx, Clara Zetkin et Rosa Luxemburg. Responsable de l’édition française de L’idéologie allemande, il traduisit aussi plusieurs autres textes de Marx, et procéda à la révision de traductions antérieures, faisant ainsi le pont entre les premières générations des traducteurs de Marx et ceux d’aujourd’hui. Il fut également le co-éditeur, avec Jean Mortier, de douze volumes de la correspondance Marx-Engels aux Éditions sociales.

 

 

Gilbert Badia n’était pas un homme de pouvoir, mais de partage. C’était un défricheur dont la curiosité intellectuelle est restée intacte jusqu’à la fin. Sa disparition est une grande perte pour les études sur l’Allemagne de notre temps. C’est aussi une grande perte humaine pour beaucoup de ceux qui l’ont connu.

 

Hélène Roussel et Jean Mortier

jeudi 31 juillet 2008

 

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01.09.2008

In memoriam de Pierre FLANDROY

Notre confrère et ami Pierre Flandroy nous a quittés le 30 juin 2005.

 

Pierre est né le 14 mai 1947 à Anvers et vivait à Liège avec sa famille où il assurait les fonctions de Chef de Service Associé au Service d’Imagerie Médicale dans l’unité d’imagerie neuro-ostéoarticulaire du CHU du Sart-Tilman.

 

Il a obtenu son diplôme de Docteur en Médecine, Chirurgie et Accouchements en 1972 à la Faculté de Liège. C’est après avoir été coopérant en Algérie en 1973 et de retour à Liège qu’il s’oriente vers la Neuroradiologie dans l’équipe du Pr André Thibaut. Il se forme et développe l’activité de neuroradiologie diagnostique avec toutes ses composantes. Son travail et son expertise sont rapidement reconnus. Il a étudié dans le cadre de sa thèse de Doctorat en Sciences Cliniques les espaces liquidiens péri-cérébraux et obtenu avec la plus haute distinction sa thèse en 1984.

 

Il fut parmi les premiers à comprendre l’intérêt des examens invasifs angiographiques comme voie d’abord du système nerveux central et à deviner le potentiel important de ce qui allait devenir la Neuroradiologie Interventionnelle. Prompt à se former auprès des pionniers de la spécialité, Pierre a régulièrement séjourné à Paris à l’Hôpital Lariboisière dans le Service du Pr Jean-Jacques Merland dès les années quatre-vingts puis à la Fondation Rotschild auprès du Pr Jacques Moret et dans divers hôpitaux français.

 

C’est dans ces circonstances que nous avons fait la connaissance de Pierre en 1989 en particulier lors de réunions de présentations de dossiers de neuroradiologie interventionnelle où plusieurs collègues de différentes générations se retrouvaient, réunis autour d’une passion commune. Des liens de véritables amitiés se sont rapidement instaurés. La personnalité de Pierre y était pour beaucoup. Il était un pilier de ces réunions que jamais nous n’organisions sans lui. Il était toujours prêt à écouter, à donner ou à recevoir des conseils, il était toujours à l’affût de nouveautés technologiques.

 

 

Tous ceux qui l’ont approché ont pu apprécier ses qualités humaines. Humour et élégance coloraient ses prestations et faisaient le sel de sa personnalité. Dire qu’il était attachant serait réducteur.

 

C’était un honnête homme au sens du quattrocento, humaniste, passionné et passionnant, curieux, cultivé, éclectique et épicurien. Peinture, histoire, musique baroque, jardinage et botanique, champignons et bons vins composaient sa palette. Pierre et Catherine son épouse étaient amoureux de Venise et envisageaient de s’y installer.

 

 

Sa disparition crée un immense vide dans nos coeurs et notre communauté.

 

…. Nous saurons faire vivre sa mémoire et ses valeurs.

 

Pr Rémy Beaujeux, Service de Radiologie A CHU de Strasbourg 67000 Strasbourg

 

Dr Claude Depriester, Service de Radiologie Polyclinique du Bois 59000 Lille

 

Article original

 

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13.07.2008

François MONDOLINI : Corse, Algérie, Alsace …

Au revoir Monsieur le directeur  

L’école élémentaire Rossalmend a fait ses adieux à son directeur, François Mondolini : un moment émouvant rempli de surprises.

 

« Nous allons regretter un enseignant de haute qualité, un confrère chaleureux qui a su durant 20 ans créer une entente professionnelle dans l'équipe, sans aucun désaccord, dans le respect de chacun », a déclaré Bernadette Brender à François Mondolini. Cette même enseignante prendra la succession au poste de direction à la rentrée prochaine. Les  hommages ont été nombreux, tous plus poignants les uns que les autres. Il y a eu tout d'abord ceux des municipalités en commençant par celle de Wittelsheim représentée par son maire Denis Riesemann accompagné de quelques-uns de ses adjoints qui lui ont offert une perceuse. Puis ce fut au tour de Staffelffelden. L'adjoint Kammerer décora le retraité de la médaille de la ville et un hommage fut rendu par le maire de Richwiller M. Schenini. Des amis guitaristes du groupe Lutringer lui ont dédié une aubade, ses anciens compagnons de football lui ont remis un poster géant de l’équipe de jadis, l'ensemble des parents et des enseignants ont offert un superbe vélo et  d’innombrables cadeaux. Son épouse Nicole a chanté pour lui, mais le moment le plus troublant et où le couple Mondolini n’a pu contenir ses larmes, a été lorsque tous les élèves munis d'une rose ont interprété la chanson « Adieu M. le Directeur » et lui ont remis leurs fleurs.  

 

Parcours

Après des études secondaires au lycée Fesch à Ajaccio et un bac philo, François Mondolini est parti effectuer un service national au titre de la  coopération en Algérie en qualité d'instituteur. Il est arrivé en 1973 à Ferrette en Alsace loin de chez lui et là, s’est épris de Nicole, enseignante comme lui, qu'il épousera. De 1975 à 1980, il a enseigné au collège Berkane pour prendre en 1980, la direction de l'école élémentaire de Rossalmend. « Là, j'ai découvert des gens attachants. J’ai toujours veillé à la stabilité de mon équipe pédagogique et à une bonne ambiance entre collègues. Mon premier souci ‘enseignant a été de développer l'esprit de recherche, de curiosité des élèves pour les amener à observer, expérimenter, raisonner et se forger ainsi un jugement personnel sur les choses ». Il a cité ému les vers du Petit Prince de Saint-Exupéry : « On ne connaît bien qu'avec le coeur ». Maintenant il attend impatiemment la mutation de son épouse pour la Corse. Entre temps, il jouera de la guitare, voyagera, fera bien sûr du vélo, du ski et de la natation.

« L’Alsace » adresse ses meilleurs voeux de retraite à un personnage qui a su garder sa fraîcheur et son authenticité. Bref un vrai rayon de soleil corse.

 

François Mondolini et son épouse très émus par les attentions témoignées lors de ce départ à la retraite.

Sonia VUILLEQUEZ

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