17.08.2009
REGARDS SUR L’ISLAM (Paul GESCHE)
Paul GESCHE, Docteur ès Sciences et chercheur scientifique travaillant pour le groupe chimique français RHODIA, est marié et père de six enfants. Après avoir grandi en Alsace dans un contexte d’implantation d’Eglise, il est depuis 1989 un des anciens d’une Eglise évangélique pionnière établie au centre de Lyon. Il a découvert l’islam et le monde musulman au début des années quatre-vingts, alors qu’il était coopérant technique en Algérie. Depuis une dizaine d’années, il est le Président de Ministère Evangélique parmi les Nations Arabophones, la branche française d’une mission internationale autrefois connue sous le nom de North Africa Mission et aujourd’hui sous le nom de Arab World Ministries.
À l’aube du XXIe siècle, l’islam est la seconde religion dans le monde, mais aussi dans un pays européen comme la France où il avait eu au fil des siècles un rôle plutôt marginal. L’islam est une religion dont on parle beaucoup dans les médias, car il fournit une clé pour comprendre certains des événements les plus significatifs de notre histoire récente. L’islam «avance», dit-on, pour exprimer le fait que son influence politique et religieuse se fait sentir en dehors des pays traditionnellement reconnus comme musulmans. C’est le cas particulièrement en Afrique, mais des pays comme les Etats Unis, le Canada ou l’Australie ont aussi découvert avec une certaine surprise l’importance que revêtait désormais pour leur pays une communauté qui s’identifie comme musulmane.
Mais avant d’être un mouvement ou une force en mouvement dans notre monde à la recherche de nouveaux équilibres, l’islam est une religion d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards qui cherchent à obéir à Dieu en manifestant une piété et en accomplissant des rites qui vont conditionner leur culture et leur représentation du monde. L’islam est un phénomène humain, bien plus qu’un ensemble de doctrines! L’islam est au départ un choix de vie, puis il devient une vie de choix déjà préparés, muris, enseignés et surveillés. Un être humain sur cinq est engagé dans cette relation avec un Dieu tout puissant et omniscient, plus grand que tout ce qui pourrait Le représenter (note: c’est la signification du cri de ralliement des musulmans: Allahou akhbar, Dieu est plus grand!). Un être humain sur cinq cherche à s’inspirer de la vie et de l’enseignement, de Muhammad (note: selon les pays et les époques, on trouve les formes voisines de Mahomet, Mehmet, Mohammed), un chef arabe qui a réussi à unifier son peuple au VIIe siècle en triomphant du polythéisme astral de leurs ancêtres. Un être humain sur cinq, cinq piliers pour édifier une vie et nourrir une foi qui trouve sa source dans un recueil de prédications, le Coran. L’islam se présente volontiers comme une religion toute naturelle, simple et logique, éloignée des extrêmes de la spéculation légaliste et de l’athéisme philosophique ou pratique.
Le chrétien observe l’islam qu’il a vu naître et se développer. L’Eglise s’interroge devant ce milliard de croyants qui se sont organisés sans clergé et sans prêtres à côté d’elle, autour d’elle et parfois là où elle a cessé de briller! Venu si tard après la période des apôtres, l’islam pose des questions auxquelles il n’est pas toujours facile de répondre: quelle est sa signification dans le plan de Dieu, comment s’intègre-t-il dans notre compréhension des Derniers Temps, pourquoi tant d’hommes sont-ils musulmans à l’heure où l’Evangile se répand en tous lieux par le livre, par les ondes, par la prédication missionnaire? Il y a eu beaucoup d’incompréhension entre musulmans et chrétiens, il y a beaucoup de préjugés de part et d’autre, et on constate généralement une profonde méconnaissance de l’autre, même lorsque les circonstances de la vie et les migrations économiques mélangent les hommes et les forcent à partager certaines de leurs expériences.
En attendant de pouvoir expliquer convenablement le christianisme au musulman, il semble utile de chercher à expliquer l’islam au chrétien, non pour lui présenter une foi alternative, mais pour lui faire sentir quels sont les besoins qui restent inassouvis dans le cœur des musulmans et qui constitueront autant de point de départ pour l’œuvre de la grâce de Dieu, manifestée en Jésus Christ notre Sauveur. C’est ce que nous ferons, Dieu voulant (note: le musulman dirait: Incha’Allah!), dans une série d’articles que nous vous proposons autour des thèmes suivants :
– la foi musulmane
– la piété musulmane
– la société et le monde musulman
– le musulman et Jésus
– le musulman et la Bible
– le musulman et l’Esprit Saint
– du chemin de Damas à l’Eglise
– inviter et accueillir le musulman
La démarche que nous vous proposons fera une large place à la prière, à la recherche de la volonté de Dieu et à l’examen de conscience, car le serviteur de Dieu doit être préparé en vue de toute lutte spirituelle, revêtu de l’amour et de la justice de Jésus. Alors seulement son témoignage suscitera les bonnes questions, produisant le fruit de la repentance. D’autre part, nous vous recommanderons chaque fois que cela sera possible un livre qui vous permettra de poursuivre la réflexion.
Que le Seigneur nous dirige dans ces réflexions, que nous voulons avant tout pratiques, afin que de nombreux musulmans puissent rencontrer des chrétiens avertis et rayonnants, afin qu’ils se convertissent à Jésus leur Sauveur et que le nom du Dieu Tout Puissant et Tout Miséricordieux soit loué à jamais.
Paul GESCHE
L’Islam
Le Cavalier Bleu (Idées reçues);
ISBN: 2846700214, Paris 2001
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10.08.2009
CV de GATEAUD Jean-Yves (Alexandre)
Né le 17 décembre 1949 à Oulches (Indre, 36).
Enseignant, homme politique.
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CURSUS SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE
Etudes
· Ecole communale de Chavin (Indre).
· Lycée Rollinat (Argenton sur Creuse, Indre) de 1960 à 1966.
· Lycée Camille Guérin (Poitiers, Vienne) en1966-1967.
· Faculté des lettres et sciences humaines de Poitiers de 1967 à 1976.
Diplômes
· Baccalauréat de philosophie (1967).
· Licence (1970) et maîtrise (1972) de géographie.
· CAPES d’histoire géographie (1973).
· Agrégation de géographie (1974) : reçu 16ème sur 72.
· DEA de géographie (1976)
CARRIERE PROFESSIONNELLE
Emplois occupés
· Elève puis étudiant boursier (1960-1968).
· Elève-professeur à l’IPES de la faculté de Poitiers (1968-1971).
· Maître d’internat au lycée d’enseignement professionnel d’Argenton sur Creuse (1971-1972).
· Professeur certifié stagiaire au CPR de Poitiers (1972-1973).
· Professeur certifié (1973-1974) puis agrégé (1974-1981) au collège Saint-Jean (ZUP – quartier St-Jean) à Châteauroux.
· Professeur à l’Ecole normale mixte de Châteauroux (1981-1988).
· Chargé de cours et travaux dirigés en géographie à l’Université de Tours (Unité Aménagement Géographie, 1985-1988).
Détachement, mission
· Chargé par le Recteur de l’académie d’Orléans - Tours d’une mission d’enseignement comme professeur (à mi-temps) à l’Institut universitaire de formation des maîtres, site de Châteauroux (1993-1997).
· Détaché auprès de l’Assemblée Nationale (1988-1993 et 1997-2002).
Autres activités professionnelles :
· Coopérant en Algérie (août –décembre 1970) au Commissariat national au recensement de la population.
· Membre de l’Equipe académique « Vie Scolaire » (1974-1977).
· Membre de jurys de concours (CAPES pratique ; CA de conseiller d’éducation : 1978-1979).
ACTIVITES PERSONNELLES
Œuvres et travaux :
· L’Indre, le Bas Berry de la préhistoire à nos jours (en coll., 1990).
· Argenton sur Creuse à la croisée de ses chemins (en coll., 2001).
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CV mis à jour le 1-11-2007

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03.08.2009
Curriculum Vitae du Dr Patrick DEBRAY
Docteur Patrick DEBRAY
Pédiatre, Praticien Hospitalier plein temps.
Service de Pédiatrie - Centre Hospitalier - B.P. 479 - 59322 VALENCIENNES
Né le 19 juillet 1948 à Mayence (Allemagne). Nationalité française. Marié. Trois enfants.
DIPLOMES ET TITRES UNIVERSITAIRES
Doctorat en Médecine en 1978. Faculté de Médecine Paris XII - Créteil.
Certificat d’Etudes Spéciales de Pédiatrie (équivalence) en 1979.
Chef de Clinique Assistant des Universités Paris V et Paris VI de 1978 à 1982.
Directeur d’enseignement clinique (Faculté de Lille Droit et Santé) de 1985 à 1995
QUALIFICATIONS PAR L’ORDRE DES MEDECINS
Qualification de Spécialiste en Pédiatrie (1982)
Compétence en Réanimation (1985)
Qualification en Médecine Générale (1993)
FONCTIONS ET TITRES HOSPITALIERS
Etudiant hospitalier (1969-1972) Stagiaire interné (1972-1973).
Coopérant technique en Algérie (1973-1974).
Interne des Hôpitaux de Paris (Concours 1973) de 1974 à 1978.
Chef de Clinique Assistant des Hôpitaux de Paris de 1978 à 1982 (CHU Necker-Enfants-Malades 1978-1980, CHU Pitié-Salpétrière 1980-1982).
Aptitude aux fonctions de Chef de service en 1982.
Médecin Adjoint des Hôpitaux Publics en 1982. Fonctions exercées au Centre Hospitalier de SAINTES (Charente Maritime) Service de Pédiatrie et Néonatologie, de 1982 à 1984 (temps plein).
Praticien Hospitalier Chef de Service de Hôpitaux Publics en 1984.
Fonctions exercées au Centre Hospitalier de MAUBEUGE (Nord), Service de Néonatologie, de 1984 à 1990 (temps plein),
et au Centre Hospitalier de VALENCIENNES (Nord), Service de Pédiatrie, de 1990 à 1995 (temps plein).
Praticien Hospitalier temps plein, responsable d’unité fonctionnelle depuis le 1.8.95 par non demande de renouvellement des fonctions de Chef de service, 12e échelon depuis juin 1997.
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27.07.2009
Jo Briant De retour de Kabylie et d’Algérie (3)
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Un peuple qui ne se résigne pas... : L’espoir malgré tout
Cet état des lieux, qui peut paraître désespérant, est certes conforme à la réalité, mais ne rend pas compte de la vitalité d’un peuple qui ne se contente pas de rejeter massivement un pouvoir qui a tourné le dos depuis si longtemps aux idéaux de la Révolution de novembre (1954). C’est vrai que la tentation du renoncement et de la résignation est forte, face à un pouvoir qui semble si inaccessible et si lointain... Et pourtant, ce peuple algérien résiste à sa façon. Les grèves dans la fonction publique - notamment dans le secteur de l’Education - , dans les entreprises, pour exiger des salaires décents ou s’opposer à des projets de " restructuration " ou de fermeture, les manifestations contre les coupures d’eau ou pour exiger une répartition transparente des nouveaux logements, les barrages de route érigés par les sinistrés (suite au séisme de mai dernier) pour exiger un relogement d’urgence avant l’hiver, ces " mères de disparus " qui se rassemblement chaque semaine à Alger pour exiger de véritables enquêtes, ces militants associatifs qui essaient, avec quel courage !, de reconstruire une " conscience citoyenne ", sans oublier bien sûr ces milliers de jeunes de Kabylie qui s’opposent, au risque de leur vie, à un pouvoir " assassin " et méprisant, et ces femmes qui luttent courageusement pour les droits de leurs " sœurs " et contre le " code de la honte "... Oui, j’ai rencontré à longueur de journée des dizaines d’acteurs individuels et collectifs qui s’engagent pour qu’émerge enfin une " autre " Algérie, démocratique et plurielle. Même s’il manque cruellement des organisations politiques à l’écoute des citoyens et des militants de base capables de relayer ces révoltes, même minuscules, et ces espoirs.
Le peuple algérien a suffisamment montré par le passé son esprit de résistance et sa vitalité pour qu’il trouve les ressources d’une renaissance tant attendue.
À nous de l’appuyer dans sa lutte, en nous opposant d’abord à la complicité au soutien permanent du gouvernement français, en établissant ensuite des ponts et des liens de solidarité avec les mouvements citoyens de l’autre rive.
Jo BRIANT (octobre 2003)

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20.07.2009
Jo Briant De retour de Kabylie et d’Algérie (2)
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Une jeunesse en plein désarroi
On se souvient qu’en mars dernier, lors de la visite de Jacques Chirac, le seul slogan crié comme un leitmotiv par les jeunes qui s’étaient massés le long des avenues d’Alger, était le suivant : " Des visas ! des visas ! ". J’ai rencontré longuement un groupe de jeunes de Constantine, ainsi qu’un animateur socio-culturel. Tous ont été unanimes : " Nous n’avons plus d’espoir dans ce système trop souvent corrompu, dirigé par une minorité hyper-privilégiée qui s’approprie l’argent du pétrole et les postes de responsabilité. Très peu d’emplois nous sont proposés, sinon des petits boulots très mal payés. Nous n’avons pas de terrains de sport, de piscine, il n’y a plus de salle de cinéma... ". Une scène de la vie quotidienne, tellement significative : sur un côté d’une avenue de Tizi-Ouzou, plus d’une centaine de jeunes se sont face sur deux rangées, les uns debout, les autres accroupis, essayant de vendre aux passants un pantalon, une veste, une chemise, une paire de chaussures...Ils peuvent ainsi rester des heures entières sans rien écouler...Leur seul espoir, voire leur seul rêve, est de prendre le chemin de l’exil. Qu’importe la destination. Signe d’un terrible échec du pouvoir algérien, mais aussi de toute une classe politique incapables de proposer une perspective, un avenir à toute cette jeunesse pourtant majoritaire. Les communes sont massivement dépourvues d’infrastructures d’animation culturelle et sportive, même si on assiste depuis peu à l’ouverture de centres culturels et de maisons de jeunes. Mais c’est nettement insuffisant. Il y a bien par ailleurs des crédits dont sont pourvus les agences locales de soutien à l’emploi des jeunes ( ALSEJ), qui favorisent des crédits bancaires pour lancer un cybercafé, acquérir un taxi ou créer une micro-entreprise. Mais le manque de formation préalable et d’accompagnement, ainsi que l’insuffisance des crédits réduisent fortement la portée de cette politique... Certes, la jeunesse algérienne n’est pas toujours résignée : le R.A.J. (Rassemblement Action Jeunesse) essaie de la mobiliser, mais son implantation ne dépasse guère la capitale. Une exception notable : la jeunesse de Kabylie, qui s’est révoltée massivement en 2001 (123 jeunes ont été tués par les forces de l’ordre...), à l’appel du mouvement citoyen des A’rouch (assemblées locales traditionnelles kabyles). J’ai pu rencontrer Belaïd Abrika, la figure de proue de ce mouvement. Un mouvement plein d’espoir, avec des revendications qui touchent à la fois à la reconnaissance de l’identité et de la langue berbères, à l’exigence d’ un véritable développement basé sur les besoins fondamentaux de la population, et à l’émergence d’un nouveau système politique, véritablement démocratique et pluriel. Mais cette révolte est quelque peu dans l’impasse et cherche un nouveau souffle, se heurtant à l’inertie d’un pouvoir et d’un système incapables de se remettre en question.
L’Algérie dans la tourmente politique : la nomenklatura politico-militaire toujours au pouvoir...Et les Islamistes ?
Un mot d’abord sur la situation sécuritaire. Incontestablement, les " violences " ont très fortement diminué, en comparaison des massacres qui ravageaient le pays il n’y a pas si longtemps. Un climat de réelle sécurité règne dans les villes et je n’ai jamais eu le sentiment d’être menacé. Il reste qu’en une dizaine de jours j’ai comptabilisé, en consultant quotidiennement la presse, dix-huit morts ( sept " Islamistes " , cinq militaires, six civils), suite à des attentats perpétrés par des groupes islamistes ou à des confrontations entre ces groupes et l’armée. Une violence qualifiée de " résiduelle " par le pouvoir. Une moyenne mensuelle de cinquante morts, c’est quand même considérable et montre que l’Algérie est encore loin d’être " pacifiée ". Et, au-delà de ce décompte macabre, on sent à chaque instant que l’idéologie islamiste a profondément gangrené la société algérienne. La pression religieuse traditionnelle est très forte ; en période de Ramadan, tous les cafés, bars, restaurants sont fermés jusqu’à la " rupture du jeûne ", et il est hors de question pour quiconque de manger un sandwich ou de griller une cigarette à la vue d’autrui. En période normale, il est désormais très difficile d’acheter une bouteille de vin ou de bière, ce qui n’était pas le cas il y une quinzaine d’années. Quant au code de la famille, appelé par de nombreux Algériens et surtout Algériennes " code de la honte ", adoptée en 1984, qui nie tout droit à la femme, il n’est toujours pas question de l’abolir... Ne pas oublier que l’Assemblée nationale algérienne comprend 81 députés islamistes, sans compter de très nombreux islamo-conservateurs... Un exemple parmi tant d’autres : lors d’un concert auquel j’ai assisté à la Maison de la Culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, concert par ailleurs très chaleureux, j’ai comptabilisé une quinzaine de femmes sur une assistance de sept cent personnes ! Ce qui révèle à quel point les femmes algériennes se voient de fait interdit l’espace public (cafés, restaurants, lieux culturels...), réservé presque exclusivement aux hommes.
Mais au-delà du problème sécuritaire et de l’imprégnation islamo-conservatrice de la société algérienne, ce qui m’a le plus frappé à l’occasion de mes multiples contacts, c’est le sentiment d’abandon face à un pouvoir qui est perçu comme très éloigné et indifférent aux difficultés quotidiennes rencontrées par la population. Hogra (mépris) : un mot sans cesse repris pour qualifier l’attitude des autorités et des responsables, qu’ils soient nationaux ou locaux. A moins d’être " pistonné ", de connaître personnellement tel ou tel responsable, ou de pouvoir glisser un dessous de table, on a très peu de chance de voir sa demande ou sa revendication, même la plus légitime, prise en compte. Quant au sommet de l’Etat, aux " décideurs " politico-militaires, ils représentent un régime honni qui ne tient que par l’équilibre de la violence. Un régime qui se maintient en contrôlant et en réprimant si nécessaire les partis politiques, les syndicats, les associations qui doivent d’abord obtenir le fameux " agrément " pour exister et agir. Sait-on par exemple que les membres du bureau de toute association (au moins 9 personnes) doivent fournir, outre deux photos d’identité, un extrait de leur casier judiciaire, un extrait de naissance, l’adresse et le téléphone de leur employeur... Un véritable contrôle social et politique qui s’exerce sur l’ensemble de la société algérienne, renforcé par le maintien de l’état d’urgence instauré en 1992.
A l’approche de l’élection présidentielle d’avril 2004, la pression des militaires s’accentue. Il s’agit de contrôler et de neutraliser les candidats potentiels qui chercheraient à s’affranchir de cette mainmise, à commencer par le président Abdelaziz Bouteflika. Le secrétaire général du FLN, Ali Benflis, a été limogé par Bouteflika dès lors même que cet ex-parti unique, redevenu dominant, semble vouloir échapper au contrôle du pouvoir... Les couteaux s’aiguisent, et pendant ce temps l’Algérie semble patiner inexorablement depuis maintenant une quinzaine d’années, payant les frais de ces guerres intestines au sein de la nomenklatura politico-militaire au pouvoir, et d’une absence quasi totale de vie et de débat démocratiques.
...
Jo BRIANT (octobre 2003)

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