04.10.2009

L'ETOILE ALGERIENNE de Fabrice Blaudin de Thé

Remerciements de ses compagnons

Notre communauté se souvient avec enthousiasme de Fabrice Blaudin de Thé, ce jeune volontaire de la Délégation Catholique pour la Coopération venu améliorer le système informatique du diocèse. Connu pour sa disponibilité et son grand cœur, il était aussi toujours prêt à sillonner l’Algérie en vue de mieux comprendre ses frères d’accueil.

Trois années se sont écoulées et Fabrice n’a rien oublié de l’Algérie et de la communauté chrétienne. Pour témoigner de sa gratitude, il a rassemblé avec soin les lettres qu’il avait écrites à ses proches durant ses deux années de coopération dans son premier recueil L’Etoile algérienne.

D’Alger à Tamanrasset en passant par El Oued, Fabrice pose avec spontanéité et humour la mosaïque de son aventure humaine. Sa démarche n’est ni celle « d’un historien, ni celle d’un sociologue » et se veut avant tout personnelle. Nous nous délectons ainsi à lire ses anecdotes «glycinesques» ou diocésaines, à retrouver ceux que nous aimons et à découvrir toujours davantage ce pays, ses habitants et leurs traditions.

Merci Fabrice en te souhaitant bonne route vers ton étoile.

 

Source

 

BLAUDIN-DE-THE_l-etoile-algerienne.jpgFabrice Blaudin de Thé

L’Etoile algérienne

Aix-en Provence, Les Editions du Persée, 2007

 

Mot de l'éditeur sur "L'étoile algérienne" de Fabrice Blaudin De Thé

L'Algérie, ses paysages de rêve, son histoire tumultueuse, sa jeunesse éclatante, sa diversité ethnique et religieuse, son aspiration à la paix. Un pays tellement lié à la France et qui reste pourtant méconnu et intrigant.

 

D'Alger à Tamanrasset, de Tlemcen à Constantine, de Ghardaïa à Tibhirine, l'auteur dépeint, avec humour et pertinence, une société pleine de surprises et loin des préjugés habituels. Il évoque sans tabou l'islam, la place des femmes, le traumatisme des années de terrorisme, les espoirs et les désillusions des jeunes, les soubresauts de la nouvelle démocratie et aussi la vie de la communauté catholique au sein de laquelle il a été accueilli.

 

L'Etoile algérienne nous amène à réfléchir à nos modes de fonctionnement d'Occidentaux par rapport à ce qui se vit en Algérie ; un pays où l'on n'est pas si en retard qu'on voudrait bien le croire... Un vrai dépaysement !

 

Fabrice Blaudin de Thé, 29 ans, travaille à Paris comme consultant en informatique. Avide de rencontres, de découvertes et sensible aux questions de développement et de fraternité, il œuvre au sein de différentes associations caritatives. Il a passé deux ans en Algérie comme volontaire de la solidarité internationale.

 

 

01.09.2009

BINTNER Patrick Armand, découvert mort à Annaba

 

Il n’avait pas donné signe de vie depuis trois jours

Un coopérant technique découvert mort dans un hôtel à Annaba

 

Porté disparu depuis plusieurs jours, ″Betnar″ Patrick Armand, un ressortissant luxembourgeois de 50 ans, en activité à ArcelorMittal en qualité d’ingénieur, a été découvert avant-hier aux environs de 19 heures, décédé dans sa chambre d’hôtel, à Sidi-Amar, daïra d’El-Hadjar (Annaba), signalent des sources sécuritaires.

 

Le corps de la victime a été découvert et signalé au service de sécurité par des valets de chambre de l’hôtel Solb, une infrastructure appartenant au complexe sidérurgique d’El-Hadjar et réservée aux cadres étrangers. Selon une première constatation établie par un médecin légiste d’ArcelorMittal dépêché sur les lieux par les responsables de l’entreprise juste après avoir été alertés, la mort de ce coopérant technique serait naturelle. Ce qui n’est pas l’avis pour le moment des éléments de la Police scientifique de la sûreté de wilaya d’Annaba, qui soupçonnent d’autres hypothèses.

 

Après avoir fouillé de fond en comble la chambre du disparu et procédé aussi à des prélèvements d’empreintes, les enquêteurs ont sollicité le procureur de la République près le tribunal d’El-Hadjar pour procéder à une autopsie et déterminer les causes exactes de la mort de la victime.

 

Par : B. BADIS

Liberté

29 août 2009

 

Tebessa_ArcelorMittal_ph-bettembourg.jpg

Chantier ArcelorMittal à Tébessa (Photo Bettembourg)

 

Suite à la réaction de ses collègues de travail, le journal Liberté a publié l’article suivant le 1er septembre :

 

Décès du coopérant technique luxembourgeois à Annaba

Une mort naturelle selon les résultats de l’autopsie

L’autopsie effectuée au CHU Ibn-Rochd d’Annaba sur la dépouille de Bintner Patrick Armand, ce ressortissant luxembourgeois de 50 ans, découvert mort jeudi dernier vers 19 heures, a révélé qu’il s’agit bien d’une mort naturelle. C’est ce qu’a affirmé, hier, le chargé de la communication d’ArcelorMittal, Farid Dridi. Ainsi, ces résultats sont venus conforter la constatation établie par le médecin légiste d’ArcelorMittal dépêché sur les lieux par les responsables de l’entreprise juste après avoir été alertés. La direction du complexe sidérurgique d’El-Hadjar précise, par ailleurs, que le cadavre avait été découvert par un haut cadre de l’entreprise à la résidence Solb, une infrastructure appartenant au complexe sidérurgique d’El-Hadjar et réservée aux cadres étrangers. Celui-ci s’est inquiété de l’absence de son collègue de son poste durant la journée de jeudi. La veille, le disparu avait passé toute la journée au complexe. “Après avoir occupé des responsabilités importantes au niveau du groupe, Patrick, un assistant technique, a rejoint Annaba en mars 2009 avec pour mission d’aider l’usine à surmonter les problèmes techniques au niveau des aciéries. Connu pour son savoir-faire, sa disponibilité et son dévouement au travail, il a réussi en un laps de temps à accompagner et à former nos techniciens sur l’élaboration de l’acier”, dira du défunt un cadre dirigeant d’ArcelorMittal.

Rédaction de Liberté

 

01.11.2008

Michael ONUCHCO au chevet de l’école algérienne

Les Américains (dont Michael ONUCHCO) au chevet de l’école algérienne

 

Une équipe d’experts américains devra formaliser la méthode idoine d’enseignement de l’anglais et de l’introduction des nouvelles technologies dans les écoles algériennes.

 

Par Hassan Moali, liberte-algerie.com lundi 28 mars 2005.

 

Les responsables de l’Éducation nationale se sont orientés vers le pays de l’Oncle Sam pour y puiser savoir, méthodologie et surtout rigueur dans l’enseignement efficient de la langue de Shakespeare comme projeté dans la réforme de l’école.

 

En l’occurrence, la langue anglaise, qui sera dispensée dans nos établissements scolaires, se fera désormais sous l’œil vigilant de formateurs américains, qui devront encadrer le processus d’enseignement de cette langue. Pour ce faire, le ministère a convié, hier, à l’ex-ITE de Ben Aknoun, un groupe d’experts venus des États-Unis, mais aussi de la Jordanie et de l’Inde afin de leur exposer l’état des lieux de l’enseignement de l’anglais en Algérie. Trois jours durant, les étrangers écouteront les exposés des représentants de l’éducation nationale à la lumière desquels ils prescriront une conduite à tenir et une démarche à suivre. Ce séminaire-atelier permettra aux américains de s’imprégner de la réalité de l’anglais dans les écoles algériennes mais également des manuels scolaires qui accompagnent son apprentissage. Ils semblent tout de même en connaître un bout, puisque Michael Onuchco, un coopérant US, confie en aparté que “beaucoup de choses doivent changer”. Présent en Algérie depuis une année en tant que formateur des enseignants de l’anglais, notre interlocuteur constate que les salles de classe en Algérie sont surchargées. “You have a very large work class” assène-t-il, étonné, aux journalistes, lui qui s’est rendu à Tamanrasset, Béchar, Oran, Jijel et El-Oued. S’il relève que la plupart des écoles sont dotées de bibliothèques, il regrette, néanmoins, le fait que ces espaces demeurent indigents en termes d’ouvrages. “Il n’y a pas beaucoup de livres et le peu qu’il y a, est très ancien...” lance-t-il dans un français approximatif. Un constat partagé par le directeur des affaires juridiques et de la coopération à l’éducation nationale,

 

M. Boubakeur Samir, dit vouloir profiter au maximum de l’expertise américaine pour optimiser l’enseignement de l’anglais en Algérie. Il explique que ce programme fait suite aux accords de coopération signés entre les gouvernements des deux pays. Les États-Unis s’engagent, ainsi, à financer gratuitement cette réforme au profit de l’Algérie “dans la mesure du possible”. Cela ira de la conception des manuels scolaires de l’anglais aussi bien sur le plan esthétique que celui du contenu, jusqu’à la méthode d’enseignement de l’anglais en passant par la formation des formateurs. Autant dire que nos potaches bénéficieront d’un apprentissage de cette langue “in the american way”. Mieux, le deuxième axe de la coopération que constitue l’introduction des nouvelles technologies dans le système éducatif fera l’objet d’une assistance des experts US qui se seront appelés à concevoir la meilleure formule d’introduction de l’outil informatique dans le système scolaire algérien. Là aussi, M. Onuchco se désole de ce que les élèves en Algérie n’aient pas accès à l’internet bien que plusieurs établissements soient pourvus de micro-ordinateurs.

 

Mais ce n’est là qu’un petit constat général. Les partenaires algériens se relayeront aujourd’hui et demain, à la tribune, pour livrer le détail - par les chiffres -, de la réalité de l’enseignement, de l’anglais particulièrement, dans l’école algérienne pour permettre aux américains d’identifier les carences. Et c’est au terme de la réunion de synthèse de mercredi, que les coopérants américains feront savoir à leurs interlocuteurs jusqu’où ils pourront intervenir techniquement et financièrement.

 

 

Source de l'article

 

 

Alger_BEN-AKNOUN_Ecole-Normale.jpg

 Source de la photo

 

27.10.2008

Antonio MONTORO auprès de réfugiés sahraouis en Algérie

 

Actuellement, la RASD est reconnue par l’Union Africaine et par 46 pays dans le monde, ceux-ci sont en grande majorité, africains ou latino-américains. Le dernier en date, a été la République du Nicaragua, le 12 janvier 2007. L’ONU et la Ligue Arabe n’ont pas reconnu La RASD, pas plus qu’un seul pays européen ni aucun membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies. En Europe, le Pays Basque est le seul Gouvernement qui reçoit la RASD avec les honneurs d’État. L’importance des liens et des engagements qui existent entre les deux peuples n’a rien de fortuit. Des douzaines d’organisations sociales maintiennent un échange d’aides constant, d’expériences et d’espoirs.

 

Antonio Montoro est coopérant de l’ONGD Mundubat. Il cohabite avec les réfugiés sahraouis dans les camps d’Algérie et il souligne l’estimable travail d’organisation engagé par la société sahraouie depuis leur exode jusqu’à nos jours, il souligne également le rôle important de la femme dans le dévouement de ce processus : « Le peuple sahraoui ne s’est pas organisé grâce aux agences d’aide humanitaire des Nations Unies, ni grâce à des gouvernements, pas plus qu’avec des ONG. Ce sont eux-mêmes qui ont montré une incroyable capacité pour créer des structures au milieu de rien. Les femmes ont démontré une force et une détermination décisives qui perdurent jusqu’à nos jours ». Jour après jour, les Sahraouis ont érigé des écoles, des hôpitaux et des ateliers, mais Antonio assure que « il s’agit d’une mesure temporaire, puisque l’important pour eux, est de se souvenir que tout cela a toujours été réalisé avec l’idée du retour à leur terre ».

 

« Un des dangers de ce conflit », affirme Edur Mintegi, chargé de Communication de Mundubat, « c’est que les gens ne voient seulement que les camps de réfugiés de Tindouf et qu’ils ignorent qu’un territoire libéré existe déjà, autre que celui occupé ». À Tindouf, Les voyages fréquents des familles qui, en été, accueillent les enfants sahraouis, ainsi que les visites de personnes du monde politique et du spectacle ont relégué, involontairement, l’existence de nombreux Sahraouis qui, avec courage, survivent et s’organisent dans les zones occupées. « Le Sahara Occidental est longé de plusieurs centaines de kilomètres de plages et de mer, il abrite des villes et des mines et n’est pas une étendue désertique comme il est souvent décrit », rappelle Mintegi.

 

TINDOUF_Camp-Refugies_ph-interet-general.info.jpg

 Camp de réfugiés à Tindouf

 

 

 

Article tiré du Blog LeTacle

 

07.05.2008

L'AID CHEZ NOS AMIS KABYLES D'ALGER (Raphy&Nico)

عيد الأضح

 

Ce mercredi 19  décembre, l'Algérie entière fêtait l'Aïd el Adha (le sacrifice du mouton).

 

Nous avons passé cette grande fête à Alger dans la famille d'amis kabyles.

 

Sur la grande place d'un quartier d'Alger, dès 8h00 du matin, des combats de béliers s'organisent. Pendant que les grands prient à la mosquée ou chez eux, les enfants et adolescents "chauffent" les moutons et se réjouissent de les voir s'affronter cornes contre cornes.

 

Après la prière, le temps du sacrifice. Sur la place publique, des petits groupes s'organisent, amènent leur mouton à l'endroit choisi, attendent leur tour. Tous les hommes ne peuvent pas égorger le mouton, tous les hommes ne savent pas.

Ceux qui ne savent pas, sont là pour aiguiser le couteau, tenir le mouton, le tranquilliser et parfois éloigner les moutons à qui ce ne serait pas le tour, pour ne pas qu'ils voient . Ceux qui ne savent pas, sont aussi présents pour être, tout simplement, là et partager la grande fête avec les autres. Toutes les familles ne peuvent pas s'offrir un mouton, mais tout le monde est là pour s'épauler. Les familles, qui ont un mouton, donnent une partie de la viande aux plus pauvres.

 

Une fois le mouton égorgé en direction de la Mecque, on délie les pattes du mouton pour qu'il parte au paradis. Certains moutons bougent leurs pattes et galopent dans l'air donnant l'impression qu'ils courent dans le ciel, d'autres, pris d'intenses convulsions, donnent un spectacle moins agréable. 

 

Vient ensuite le temps du dépeçage. Pour que ce travail soit bien fait et facilement réalisable, la peau doit être décollée du reste du corps. Pour cela, on perce un trou dans la jambe du mouton et on souffle dedans jusqu'à ce que la peau se décolle. On peut souffler avec la bouche, donner de l'air avec une pompe à vélo ou encore avec un sèche-cheveux !!! Une fois le mouton gonflé et qu'il ressemble à ces poissons ronds, avec des pics qui se gonflent, on le dépèce tranquillement.

 

Pendant que les hommes continuent ce travail, les femmes, en cuisine, commencent le leur. Les hommes apportent la tête et les pieds du mouton aux femmes. Elles commencent la préparation du "bouzoulouf", grillent sur le feu les poils de la bête jusqu'à ce que la peau soit bien lisse. Cette exercice demande un certain coup de main, quand les poils sont cuits, on les retire avec un couteau et là il ne faut pas faire d'entailles.

 

C'est aussi le moment de la préparation des abats, mets tant recherchés, qui seront mangés au déjeuner.

La fête demande beaucoup de travail puisque toutes les familles se rendent visite, se croisant parfois sans se voir, avec thé, café, gâteaux, abats..... Le premier jour, les jeunes se déplacent pour voir leurs aînés et le lendemain on recommence dans l'autre sens ! 

Nous avons, nous aussi, suivi nos amis et visiter leur famille. Nous connaissions l'oncle et le cousin (qui n'ont que 3 ans d'écart), ils s'engueulaient gentiment pour savoir où nous allions dîner, chez la mère de l'un ou de l'autre "tu n'as qu'à dire à ma mère qu'on ira pas dîner chez elle"... In fine, la mère de l'oncle a gagné et nous avons soupé chez elle. Nicolas (bien plus téméraire que moi) a fait , alors, le plein de découvertes culinaires : abats, bouzoulouf, asben (panse de mouton farci au poumon, abats, cerveau...) !!!

 

Si les femmes plus encore que les autres jours travaillent toute la journée à préparer les repas, à recevoir les gens, cette fête est avant tout celle de la solidarité.

 

PS : Il faut savoir que si beaucoup de moutons sont égorgés ce jour-ci, les Algériens mangent tout (aucun gaspillage) et c'est la seule fois où tous mangent à peu près à leur faim et de la viande. (ils tuent au final beaucoup moins de bêtes que nous et ne font pas souffrir les animaux).

 

 par Raphy&Nico le dimanche 23 décembre 2007

247671012.jpg
Quelques membres de la famille de leurs amis kabyles d'Alger.

 

17.11.2007

DE NOMBREUX COOPERANTS AU CDES D’ORAN

 

C’est dans les années 70 qu’apparaît le terme CDES*, mais je n’en connais pas la date exacte, sous l’impulsion de deux Pères Blancs, Hans Voecking et Josef Moser. C’est à ce moment-là aussi que la spécialisation est décidée : les sciences humaines.

 

Quand je suis arrivé pour la première fois au CDES en 1977, avec Sœur Lucette, et d’autres, son espace était 4 fois plus petit qu’aujourd’hui. Une salle pour les livres, une pour les revues, une pour travailler, uniquement en silence ; et une pour les enseignants…Tout cela était bien tassé, mais ça fonctionnait, avec 600 inscrits environ.

 

Quelques autres grandes époques ; début des années 80 et l’arabisation des sciences humaines. Géraud Geneste et son équipe décident alors d’arabiser le plus possible. Et ce n’était pas facile car pas grand chose n’existait en Algérie. Il fallut aller au Maroc, en Tunisie, en Egypte, au Liban. Actuellement, 1/3 des livres du CDES sont en langue arabe.

 

Cette époque est aussi celle où se retrouvent assidûment au CDES des coopérants alors présents en Algérie, Antoine Vialard ou Christian Palloix, Denis Grandet ou Omar Carlier, mais aussi toute une génération de jeunes enseignants prometteurs : certains sont là encore aujourd’hui, d’autres enseignent sous d’autres cieux, Beldjillali, Touati, Lahouari Addi, Hocine Benkheira, Babadji et d’autres encore que j’oublie. La salle des professeurs ressemblait à un laboratoire d’idées, dans lequel Géraud se trouvait tellement à l’aise.

 

On nous interroge parfois – et c’est tout à fait légitime – sur le pourquoi de ce que fait le CDES depuis 40 ans. Quel est notre but ? Pourquoi sommes-nous restés, même quand les conditions étaient difficiles, voire même un peu dangereuses ? Sommes-nous seulement là pour rendre service à un certain nombre d’étudiants et d’enseignants en leur fournissant de la documentation pour leurs recherches ou leurs cours ? N’aurions-nous pas des arrière-pensées ?

 

… si le CDES, ses ouvrages, ses revues, son cadre, son équipe, pouvait chaque année donner l’occasion à quelques étudiants, enseignants, chercheurs, quelques dizaines de personnes, de s’intéresser plus à leurs études, de trouver du goût à ce qu’ils étudient, et pourquoi pas à d’autres sujets que celui de leur mémoire, si ces quelques dizaines de lecteurs pouvaient apprendre à ne pas se contenter de l’à-peu-près, si nous pouvions leur donner l’envie, la curiosité, de fouiller dans les livres et les revues, de devenir toujours plus curieux, alors vraiment j’aurai le sentiment de ne pas avoir perdu mon temps, de ne pas le faire perdre à tous mes collaborateurs.

 

*Centre de Documentation Economique et Sociale

 

 

Bernard Janicot le 12 Juin 2003,

 

À l’occasion du 40ème anniversaire du CDES.

097038ec404f465b8a9df46fd14d724a.jpg

09.09.2007

Un couple de séniors de retour d’Algérie

Extraits du témoignage de Cécile et Alain Mignot, volontaires de retour d’Algérie :

Cette expérience de service nous aura permis de découvrir les réalités de la vie de l’Eglise d’Algérie, d’un diocèse, de communautés dont le charisme est spécifique et très ajusté à la vie sociale.

Non seulement découvrir mais être associés à leur réflexion sur le sens d’une présence chrétienne si minoritaire en terre d’Islam.

 

Qui dit communautés humaines, dit des hommes et des femmes qui vivent ensemble avec leurs caractères et leurs aspirations différents, qui ne se sont pas choisis. Notre regard de laïcs fut évidemment différent, quelquefois critique, mais toujours avec l’envie que ces communautés bougent et cherchent de nouvelles voies.

 

 

Le "Vivre avec", un des points forts de la mission des Pères Blancs, aura été pour nous une expérience humaine et spirituelle inattendue et enrichissante. La découverte de l’Eglise d’Algérie fut l’autre grande rencontre de notre coopération. L’Eglise en situation minoritaire, surveillée, est si proche et si solidaire, signe d’une altérité dans cette terre d’islam, ouverte à un dialogue au niveau des personnes plus que des institutions.

 

C’est étonnant de voir que l’Algérie redécouvre son passé chrétien du temps de l’empire romain, se souvient que Saint Augustin est algérien, a vécu et a été évêque d’Hippone (Annaba). Beaucoup d’Algériens viennent sur les hauteurs d’Annaba ou d’Alger visiter ou même prier dans ces basiliques chrétiennes.

 

Au-delà de ce service, nous avons pu regarder ce pays de l’intérieur, voir les questions qui se posent à la société et à chacun sur sa situation matérielle, sur l’occident, sur les religions, le colonialisme, le pouvoir, la corruption, le terrorisme qui reste un traumatisme profond pour la société aujourd’hui.

 

Nous gardons en nous la richesse de ce que nous avons découvert et partagé même si tout n’a pas toujours été facile. Plusieurs volontaires DCC sont présents dans ce pays pour soutenir et appuyer la mission de l’Église et des communautés ; ils y sont les bienvenus.

 

 

Publié dans "La lettre aux Amis" n° 39 - février 2007

 

68de02407a1196e8e915ea5adbddbc52.jpg
 

06.08.2007

COOPERATION : UNE EXPERIENCE POUR TOUS LES AGES !

Cécile et Alain Mignot, jeunes retraités du diocèse de Rennes, ont décidé de partir comme volontaires avec la Délégation Catholique pour la Coopération. Depuis 18 mois, ils aident à l’administration du diocèse algérien de Ghardaïa. Par ce petit billet du Sahara, ils nous expliquent le sens de leur démarche de volontariat

Mais que font-ils dans le désert ?

Cette question cent fois posée, nous la vivons au quotidien depuis un an ! Partir comme volontaires, en couple, à l’heure de la retraite, ce n’était pas tellement pour "faire" mais plutôt pour "être" ensemble dans une réalité nouvelle, au service de l’Eglise présente à un peuple. Et bien nous ne sommes pas déçus !


L’Eglise au Sahara ?

"Le Sahara...du sable et des musulmans" disait le Pape. En effet, c’est un diocèse de deux millions de km², avec 100 permanents (religieuses, religieux, prêtres et quelques laïcs) éparpillés sur 15 localités et des chrétiens de passage... Nous y avons vécu l’arrivée du nouvel évêque, Claude Rault, qui visite, rencontre, anime ces communautés ; son "siège épiscopal" est sa voiture ! Il nous a invités à faire partie de son "conseil" pour partager sa réflexion pastorale et la vie du diocèse.


Cette population musulmane qui nous accueille, que nous révèle-t-elle ?

Les cours de français que nous donnons, nous, aux adultes si désireux de pouvoir parler, écrire, échanger... les Pères aux scolaires, permettent aux Mozabites -d’origine berbère- et aux Arabes -issus d’Arabie- de se rassembler, hommes et femmes (ce qui est difficile pour certains). Ces temps de formation, comme les bibliothèques de prêts et de recherches, sont des occasions d’échanges, de confrontations, d’ouverture pour eux et pour nous. Rien n’est petit... ces rencontres nous permettent de partager les événements familiaux et religieux : c’est le dialogue de la vie !
Ce dialogue nous le vivons souvent séparément ; les Mozabites ferment leur porte entre hommes et entre femmes. C’est pour nous un manque ; et la vie "sous le voile" des femmes mozabites est, pour moi, une souffrance (plus que pour elles : c’est une coutume à laquelle elles donnent sens) Et la parole entre femmes garde la saveur de la complicité, du rire partagé, de la confiance simple, comme le bain au hammam où l’on se frotte mutuellement avec tant de bienfait ! Pour certaines, c’est la couture et le tricot qui nous rassemblent ; et là aussi au delà des aiguilles, les paroles et les cœurs tissent des liens singuliers ; ce savoir-faire permet à certaines un peu d’autonomie financière. Les ressources sont précaires.
Ce qui nous semble clair pour la rencontre, comme pour la vie en Eglise, c’est la nécessité de durer pour que les différences créent de la vie ensemble. Cette durée des chrétiens que nous rencontrons au Sahara les rend simples et étonnamment "jeunes", le cœur brûlant... C’est une belle stimulation pour notre couple qui dure depuis 37 ans!

Alain et Cécile Mignot

en 2006

a809b86526180e7186737258e76808c6.jpg

02.03.2007

NOËL À ORAN ET L’AÏD À ALGER

Noël, Noël ! à Oran :

J’ai passé mon premier Noël en terre musulmane, cela fait tout drôle soit dit en passant… Pas d’ambiance de Noël, ni sapin ou guirlande, ni chants de Noël dans les rues ou les magasins, ici tout le monde travaille, peu d’Algériens parlent de Noël. Cette fête-là n’existe pas pour eux… pas de volée de cloches, non plus, à la sortie de la messe de Noël, bien sûr je suis en Algérie ! Mais en même temps pas de frénésie pour acheter les cadeaux ni de consommation à outrance… ça c’est chouette !

Bref à Noël à Oran, après la messe et le repas partagé entre chrétiens, je me suis essayé aux danses africaines et au raï. Le raï est né ici, à Oran, (comme les chanteurs Khaled, Rachid Taha) alors quoi de plus normal qu’un Oranais nous donne les premier leçons de raï, en compagnie de mes amies et sœurs rwandaise, burkinabé, polonaise…


La fête du sacrifice (l’Aïd) à Alger :

Ensuite pendant 4 jours j’ai pu visiter la capitale, Alger La Blanche, et ses quartiers tels que Bab El Oued, la Casbah, et la basilique Notre Dame d’Afrique… Sympas, mes guides et autres compagnons de balades à travers la capitale : Saïda, Jonathan, François… et puis des libanaises, une japonaise,…… quelle diversité culturelle. Merci !

Ambiance particulière dans les rues de la ville à la veille de l’Aïd, le 30 décembre : des moutons partout dans les rues ; ils ont pris place dans les lieux les plus insolites tels au milieu de pièces détachées pour automobiles ! C’est incroyable, on dirait qu’une immense foire aux moutons a envahi cette ville de plus de 2 millions d’habitants !

Et puis j’ai eu ma première leçon gastronomique algérienne : comment réussir son couscous. Génial !

medium_ALGER-ND-Afrique_photo-Ambafrance_.jpg
Lulu. Janvier 2007

Retrouvez l’article complet :

http://www.ladcc.org/ puis : « Nouvelles des volontaires »

 

12.02.2007

PREMIER MOIS DE LUCIE A ORAN

Bonjour à tous !

 

Cela fait déjà un mois que je suis arrivée à Oran. Ici tout va bien pour moi, je continue d’ouvrir grand mes oreilles, mes yeux, mes narines pour observer tout ce monde tellement nouveau pour moi. Tant de changements en si peu de temps : plein de découvertes. Bien sûr ce fut d’abord le Muezzin (appel à la prière) de la mosquée voisine, qui m’a réveillée en sursaut les premiers matins vers 5h30-6h (ça rappelle des souvenirs à d’autres personnes, il parait ?) puis après on s’habitue et c’est ce qu’il m’est arrivé. Je me suis habituée ! Ensuite cette ville d’Oran qui grouille de monde, où les gens vivent quasiment dans la rue… des rues sales où les chats, errants en quête de repas dans les poubelles, côtoient les enfants qui s’amusent. Les nombreuses femmes voilées, et les autres habillées à l’occidentale…. Ville de contrastes !

 

Pour illustrer les choc des cultures, une des paroles de José, Père Blanc et directeur de la bibliothèque, à mon arrivée à propos de la conduite automobile : « En France, la loi est impérative, en Espagne (il est espagnol) elle est indicative et ici [en Algérie] elle est décorative » ! ! ! Je n’ai pas encore hâte de me mettre à cette conduite digne des courses de « fun cars ».

 

Mais c’est aussi et surtout la magnifique vue sur la Mer Méditerranée et malgré toute cette eau bleue, on espère la pluie pour nous sauver de la sécheresse qui oblige les autorités à couper l’eau tous les deux jours environ.

 

À la bibliothèque, je n’ai pas eu le temps de dire ouf ! On m’attendait de pied ferme et j’ai rapidement été projetée dans le quotidien : accueil des abonnés pour les prêts des livres les après-midi, début du « cercle de lecture » que j’anime (enfin j’essaye) une fois par mois, et où nous tentons d’aborder divers sujets à travers les lectures des uns et des autres (étudiants en médecine, infirmière, dentiste, pédiatre, enseignants etc.…mais aussi algériens, espagnol, française, rwandaise,… quel melting-pot !), cette semaine nous avons parlé de nos lectures à propos du dialogue inter religieux. Vaste sujet et vaste débat, mais très intéressant. Et puis surtout j’ai commencé à donner les cours de français une fois par semaine à une vingtaine de jeunes femmes. Je travaille avec trois Pères et cinq oranais (deux hommes, l’un d’eux connaît très bien la Chartreuse pour y séjourner régulièrement l’été, et trois jeunes femmes)

Ce sont aussi ces rencontres et ces échanges avec les étudiants africains (camerounais, burundais, congolais, etc.….), qui me font dire que oui vraiment mon vœu est exaucé : je suis en Afrique….. du Nord certes, mais aussi grâce à toute cette population d’ici et d’ailleurs, je suis aussi en Afrique ! ! ! Chouette !

 

Bon vent,

À bientôt,

Novembre 2006. Lulu.

medium_ORAN_Santa-Cruz.jpg

 

 

Retrouvez l’article complet :

http://www.ladcc.org/ puis : « Nouvelles des volontaires »

 

Toutes les notes