27.02.2009
Marc LIGEN, médecin-coopérant à Boghni
Affecté au titre du Service National, comme médecin coopérant à Boghni (Grande Kabylie), au service de médecine-femme.
La grande Kabylie fascine les coopérants qui y sont affectés, peut-être plus particulièrement les obstétriciens, observateurs de la continuité familiale et sociale.
Marc Ligen analyse le peuple Kabyle avec le souci d'un sociologue décidé à en pénétrer toutes les composantes, …
De la structure familiale, tout découle : collectivités emboîtées, présentant des cercles concentriques de fidélités qui ont leur nom, leurs biens, leur honneur. Dans la famille du mari, dont les enfants font partie, la femme n'est qu'une visiteuse, une étrangère, la parenté est agnatique, réalisée par les mâles.
Le Kabyle, langue berbère, s'amenuise car interdit d'enseignement, heureusement et paradoxalement survivant à Paris où il est enseigné.
L'habitat berbère est à l'image de la famille élargie, la maison est marquée par la présence féminine. Le seuil en est le lieu où le monde s'inverse, l'homme s'affirme comme un homme en tournant le dos à la maison, pour faire face aux autres hommes, alors que la femme le franchissant perd son identité. La femme Kabyle avoue être malheureuse, mais elle ne se révoltera jamais.
…
Il sera concerné lui aussi, et s'y attachera, par le problème de l'espacement des naissances voulu par le gouvernement algérien, et qui n'en est encore qu'à ses débuts. Il reconnaît que cette volonté politique se heurte à des arguments culturels et religieux, pas faciles à contourner : Allah a déterminé à l'avance le nombre d'enfants qu'une femme doit avoir. Une famille nombreuse est une force morale et économique ; pour le mari, chaque nouvelle grossesse de sa femme est une preuve de virilité, l'orgueil masculin ne veut rien accepter de ce qui serait pour lui une restriction.
…
Article titré de "Médecins nantais en outre-mer" de Claude VERMEIL
Analyse de la Thèse de Doctorat publiée à Nantes en 1980
Un secteur sanitaire en Algérie et ses activités obstétricales.

09:42 Publié dans 6-CONFRONTATION d'idées | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



Commentaires
Je fus moi aussi médecin à l'hôpital de Boghni mais dans les années 69-70.
On ne parlait pas de "polyclinique" mais d'hôpital.
Au vu de la photo, pas mal de construction en sus .....
Le directeur de l'hôpital à l'époque était Mohammed Sifer.
Nostalgie ... beaucoup de travail mais quelle époque riche.
Curieusement ma fille se nomme Florence et a vécu à Boghni avec nous ...
Ecrit par : DEBAY | 27.06.2009
si ce descriptif est vrai c'est un crève-coeur !
http://www.tamazgha.fr/Un-voile-pour-les-collines-oubliees,1822.html
Ecrit par : DEBAY | 30.06.2009
je suis medecin generaliste svp envoyer moi adresse et numero de telephone de l hopitale
Ecrit par : saoudi fouad | 01.11.2009
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