30.06.2007

A L’ASSAUT DE LA MONTAGNE DES GENIES (Jacques RAMOUILLET)

 

 

« En 1967, Jacques Ramouillet travaillait comme coopérant en Algérie, dans la merveilleuse oasis saharienne d'El Goléa. … Il me proposa de venir au Sahara à la Noël afin d'aller gravir la Garet-el-Djenoun, qu'il était déjà allé voir.

 

La Garet ! La "Montagne des Génies" ! Je ne savais pas grand-chose à son sujet, sinon que c'est une des montagnes les plus fascinantes qui soient, et qu'elle avait été conquise en 1935 par Frison-Roche et le capitaine Coche. J'acceptai, et je pris l'avion pour la première fois à Marignane à la fin de décembre. …

 

L'approche de la Garet tient de la magie : on comprend que les Touaregs en aient fait une montagne habitée par les esprits. Quand elle se dévoile à l'horizon de la Tefedest, il faut encore des heures et des heures pour rejoindre la base de son versant nord, au débouché de l'oued Ariaret. Là se trouve un merveilleux endroit de bivouac, et les gueltas, cet hiver-là, étaient pleines d'eau à ras bord. Paradisiaque !

 

 

Nous avions décidé de grimper dans la face est, le long d'un vague éperon proche de l'aiguille détachée (visible à droite sur la photo) qu'on appelle la "Takouba", c'est-à-dire l'épée des Touaregs. Naturellement Jacques avait décidé d'organiser une collective, associant grimpeurs expérimentés et débutants.

 

Le résultat fut un horaire si déconcertant que la caravane n'atteignit le plateau sommital qu'à la nuit tombée. Ce n'était pas très grave car nous n'avions pas soif : dans la voie, déjà, coulaient de délicieux filets d'eau fraîche qui nous désaltéraient sans retenue. Et au sommet, il y avait un névé. Oui, un névé ! Un vrai, avec de la neige ! Donc, nous allions passer la nuit sans souffrir de la soif, à défaut de ne pas souffrir du froid. Car nous n'avions évidemment aucun matériel de bivouac, et il gelait à pierre fendre... Au sommet il y avait encore une plaque à la gloire des conquérants français du Sahara, posée par le CAF de Paris en 1956. Depuis elle a été dérobée et se trouve aujourd'hui au domicile personnel d'un grimpeur belge bien connu. Quelque chose me dit qu'elle devrait retourner aux seuls qualifiés pour décider de sa destination : les Touaregs de la Tefedest. C'est un appel du pied à J. C. Allez, tu la restitues, cette plaque ?

   

Récit de Pierre CHAPOUTOT    

 

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Commentaires

Bonjour,
Je cherche à entrer en contact avec Jacques Ramuoillet concernant le Thaltatt
Merci

Ecrit par : N RENARD | 15.10.2009

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