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18/08/2006

"Comment devient-on Français ?" selon Nadia Khouri-Dagher

Un livre d’une Franco-libanaise à découvrir en ligne :

 

L’apprentissage de Nadia Khouri-Dagher

 

100 mots pour dire comment la France adopte ses enfants de migrants

 

La journaliste/auteur Nadia Khouri-Dagher a choisi de publier son dernier ouvrage,  "L’apprentissage"  sur Internet. L’originalité littéraire ne s’arrête pas là puisque l’oeuvre égraine, dans un abécédaire de 100 mots, la manière dont la France adopte ses enfants de migrants. Un livre qui raconte avec humour et sensibilité : "comment devient-on Français ?"

 

Extraits :

A comme ARABES

"Vous, c'est différent: vous n'êtes pas arabes". Et, au choix, on nous disait ensuite: "vous êtes Libanais", ou "vous êtes chrétiens", ou "vous êtes éduqués". Dans nos premières années en France, lorsque nous avions lié amitié avec des gens, c'est cette phrase que je me rappelle avoir entendu le plus souvent.

C'était le début des années 70, l'Indépendance de l'Algérie et 1962 n'étaient pas loin, et, héritage colonial, un racisme anti-arabe sévissait encore. Et ce "vous, vous n'êtes pas arabes", qui se voulait rassurant, effrayait la petite fille que j'étais: et si nous avions été arabes, aurions-nous été aussi bien accueillis? Ou plutôt: s'ils savaient que nous sommes arabes, seraient-ils aussi gentils avec nous, tous ces amis, ces voisins, ces commerçants?

…

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B comme BRETAGNE

"Un été, nous avons découvert la Bretagne. Et en Bretagne, paradoxalement, nous avons retrouvé un peu de notre cher Liban!

…

Cet été-là nous découvrîmes aussi ce qu’est une région de France : des traditions culinaires encore vivaces malgré la modernité, des costumes anciens qu’on est fier d’exhiber à la première fête, une musique spécifique, des fêtes et des rites, bref nous découvrîmes toute une culture enracinée. Et nous apprenions, comme on apprend une nouvelle langue, tous ces nouveaux mots, crêpes de sarrasin, cidre bouché, agneau de pré-salé, kouing aman, et en les maîtrisant nous devenions un peu plus Français.

Comment devient-on Français ? En sortant des villes, en pénétrant le cœur du pays, le cœur de ses traditions de ses rites et de ses coutumes : en pénétrant son peuple. De la même manière qu’un étranger ne connaît pas le Maroc ou le Pérou authentiques par les quartiers d’habitation de Casablanca ou de Lima mais en se plongeant au cœur de ses régions. Et de culture authentique à culture authentique, il y a dialogue et compréhension."

…

Articles et textes sur Afrik.com :

http://www.afrik.com/article10136.html

 

15/08/2006

Adel Abdessemed à LA CRIEE (Rennes)

Adel Abdessemed / Practice Zero Tolerance

du 30 juin  au 27 août 2006 à La Criée ( Halles Centrales ) RENNES

Exposition réalisée en partenariat avec Le Plateau / Frac Ile-de-France

 

Adel Abdessemed est né en 1971 à Constantine, Algérie. Il réside à Paris. 

La sculpture, la vidéo, le dessin, l'écriture, l'action constituent autant de pratiques traversées par Adel Abdessemed pour offrir des lectures critiques de notre monde contemporain.

  Les énoncés lapidaires, les gestes simples d'écrasement ou de déversement, le dévoilement de corps nus, l'usage de figures de la mort et de la vie composent des images, mais des images qui ne racontent rien d'autre que l'importance vitale de l'action et de la résistance.

Le citron, le lait, la terre, le vin sont utilisées pour leur qualité matérielle brute, mais aussi pour leur résonance symbolique à la loi ou à l'ordre.

 

Adel Abdessemed est par la force des choses habitant du monde et son œuvre, reflet de son nomadisme qui l’a conduit successivement d’Algérie en France, puis de France en Allemagne et de nouveau en France.

 

Practice Zero Tolerance : "les sculptures, vidéos et photographies de l’artiste Adel Abdessemed constituent un énoncé performatif direct comme un coup de poing : des images en actes et non des histoires en images. Ou comment ramener le pouvoir de l’image à la sensation et l’élever à la critique du monde." (Larys FROGIER)

 

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7 frères 2006

 

7 frères : une photographie réalisée dans une parcelle de rue à Paris que l’artiste désigne comme son espace de travail. Une meute de sangliers a été lâchée dans la ville. Sur la photographie, six sangliers sont dénombrés, le septième est hors-champ... L’artiste ? Le spectateur ? La force de l’image tient dans cette captation frontale, rabaissée vers le sol, les yeux dans les yeux, prête à accueillir une masse d’énergie. Une tentation évidente serait d’associer la représentation de ces animaux sauvages à l’actualité des manifestations et violences de rue. Mais pour qui se laisse aller à l’image, le regard se tient ailleurs. L’animalité est ce qui nous constitue fondamentalement y compris dans notre rapport à l’urbanité ou à un espace collectif de vie : être au ras du sol, percevoir autrement l’espace, aiguiser les sens, se rassembler ou se diviser.